Au Gabon, Ressources Minières d’Afrique Centrale (REMINAC), filiale gabonaise de l'australien Genmin, a annoncé jeudi 13 août 2026 la signature d’un Mémorandum d'entente (MoU) avec le groupe maritime danois Norden, coté sur le Nasdaq Copenhague. Le communiqué précise que ce cadre de coopération entre les deux parties vise à évaluer et à développer des solutions permettant d’accompagner l’exportation du minerai de fer de Baniaka vers les marchés internationaux.
Si cet accord ne constitue pas encore un contrat de transport définitif, il ouvre une phase critique d'ingénierie opérationnelle. Concrètement, les deux entités entendent plancher sur l'optimisation des solutions maritimes, les opérations de transbordement et la logistique portuaire. L'objectif est de garantir l'acheminement du minerai vers les acheteurs internationaux à des coûts jugés compétitifs, dans une industrie où le fret maritime dicte souvent la rentabilité finale du produit.
Ce rapprochement avec Norden intervient à un moment charnière, alors que REMINAC s'emploie actuellement à verrouiller l'intégralité de son corridor d'évacuation. Quelques jours plus tôt, le 7 août 2026, la juniore minière avait déjà resserré ses liens avec Owendo Mineral Port (OMP), le terminal minéralier du port d’Owendo, via la signature d’un avenant à leur contrat de prestations de 2023. En couplant l'infrastructure terrestre et portuaire d'OMP à l'expertise maritime de Norden, Genmin sécurise ainsi la chaîne de valeur de bout en bout, de l'extraction jusqu'au client final.
Lire aussi :Fer de Baniaka : la chinoise SHICO prête à financer 60 % du projet de Genmin au Gabon
Pour assumer ce défi logistique, REMINAC s'appuie sur un armateur qui affiche une santé financière solide en cette année 2026, malgré les turbulences géopolitiques mondiales. Le dernier rapport financier de Norden, publié pour le deuxième trimestre 2026, rassure sur sa capacité à déployer des moyens massifs. Son bénéfice net a en effet bondi à 100,8 millions USD sur la période, tiré par les ventes d'actifs et un redressement spectaculaire de son pôle vrac sec, une division cruciale pour le transport de minerai de fer. Parallèlement, l'armateur a poursuivi l'expansion de sa flotte en y ajoutant 20 navires (segments Handysize et MPP) depuis le début de l'année afin de consolider et de rendre plus résilients ses flux de revenus. Enfin, le groupe a su démontrer une forte maîtrise des risques géopolitiques en absorbant les surcoûts liés à la fermeture du détroit d'Ormuz, après avoir évacué l'ensemble de ses navires affrétés hors du golfe Persique dès la fin du mois de juin.
Cette accélération logistique résonne surtout comme un amortisseur stratégique face aux injonctions de l'État gabonais. En effet, Libreville maintien une forte pression sur les opérateurs du secteur extractif. Le ministère de mines a exigé à Genmin un démarrage effectif des travaux miniers avant le 31 décembre 2026, sous peine de retrait pur et simple des permis.
La compagnie, qui détient le permis d'exploitation de Baniaka depuis janvier 2024 et a signé une convention minière de 20 ans avec l'État, n'a plus droit à l'erreur. Possédant déjà son certificat de conformité environnementale, l'entreprise australienne doit impérativement prouver sa capacité opérationnelle pour lancer la première mine commerciale de fer du pays.
Pour respecter les délais imposés par le gouvernement et transformer le potentiel géologique en retombées économiques, le projet table sur une première phase de production fixée à 5 millions de tonnes par an. L'objectif est d'augmenter ensuite progressivement la voilure pour atteindre un rythme de croisière d'au moins 10 millions de tonnes annuelles.
Lire aussi :Gabon : Genmin mobilise 1,2 milliard FCFA pour accélérer le projet de fer de Baniaka













