Vendredi 31 juillet 2026 pourrait marquer un tournant pour une partie de la population gabonaise. Le gouvernement a décidé de relever de 35 à 40 ans l'âge limite d'accès à la fonction publique. Cette décision a été rendue publique lors d'une séance de travail au ministère de la Fonction publique et du Renforcement des capacités, par le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, en présence de la ministre en charge du secteur, Laurence Ndong, qui a détaillé les contours d'un statut général repensé pour attirer de nouvelles compétences.
Une semaine plus tôt, un atelier avait été organisé à Libreville pour réviser les textes ayant abouti à cette décision, réunissant 29 administrations et 110 experts. L'objectif de cet amendement est « d'élargir le bassin de candidatures tout en professionnalisant l'accès aux charges publiques, principalement à travers des concours organisés par les écoles nationales », a expliqué la ministre de la Fonction publique, Laurence Ndong.
Le Gabon veut augmenter son personnel, mais sans procéder à un recrutement massif et indifférencié. « Ouvrir les portes de l'administration jusqu'à 40 ans s'accompagne d'une exigence accrue une fois le poste intégré. Le système d'avancement automatique, jugé dépassé, s'efface au profit d'un mécanisme axé sur la performance professionnelle, l'éthique et la ponctualité », a expliqué la ministre de la Fonction publique.
Effectifs
Selon le projet de loi de finances 2026, le nombre total d'agents de l'État au Gabon s'élevait à 119 317 à fin juin 2025, un effectif englobant les fonctionnaires civils et les forces de sécurité. Les seuls agents civils représentent 98 095 postes. Ces effectifs correspondent à une masse salariale évaluée à près de 960 milliards de FCFA (environ 1,6 milliard de dollars) pour 2026, en forte hausse par rapport aux années précédentes : 825 milliards de FCFA en 2025, 713,9 milliards de FCFA en 2024 et 704 milliards de FCFA en 2023, selon EcoMatin.
En mai 2026, selon la chaîne de télévision Gabon 24, 1 756 agents publics ont été identifiés en situation présumée d'abandon de poste à l'issue du recensement général des agents de l'État réalisé en 2024.
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Les besoins du Gabon en personnel ne sont pas clairement chiffrés. Selon plusieurs sources, ils traduisent une volonté de renouvellement qualitatif et de modernisation des effectifs, portée par le gouvernement de Brice Clotaire Oligui Nguema, qui souhaite « nationaliser » davantage certains secteurs clés de son activité — notamment les secteurs régulés et stratégiques liés à la souveraineté et à la sécurité.
Ces domaines touchent directement à la survie et à l'indépendance du pays : la défense et l'armement, avec la production de matériel militaire et de technologies de sécurité ; l'approvisionnement en électricité, gaz et pétrole, ainsi que la gestion du nucléaire ; les télécommunications, avec les réseaux mobiles, les infrastructures internet et les satellites ; le traitement de l'eau potable et la gestion des déchets.
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Sont également concernés le secteur financier et celui de l'image, que le gouvernement souhaite voir rester dans les « mains des nationaux » : la surveillance des risques financiers, pour éviter les faillites économiques ; les autorisations de mise sur le marché des médicaments et la gestion des hôpitaux ; ainsi que l'attribution des fréquences et le contrôle du respect des règles de diffusion pour les médias et l'audiovisuel.












