La construction de la Centrale hydroélectrique de Sendje, lancée depuis plus de dix ans par l’entreprise ukrainienne Duglas Alliance, connaît un tournant décisif. L’entreprise adjudicataire et l’État équatoguinéen ont trouvé un consensus visant à accélérer les travaux et à garantir la livraison de cette infrastructure. En effet, Duglas Alliance a apporté des garanties selon un communiqué du gouvernement de Malabo rendu public à l’issue d’une réunion présidée le 14 novembre dernier par le Vice-président de la République, Nguema Obiang Mangue.« L’ensemble des montants de ces concepts constitue une garantie financière de68 millions d’euros (44,6 milliards FCFA) qui protégera l’État contre toute éventualité ou mauvaise exécution des travaux », apprend-on.
Dans le détail, la relance des travaux était conditionnée par la résolution de deux ''non-conformités''. D’abord, pour compenser la détérioration de deux transformateurs durant le transport, l'entreprise a fourni une garantie bancaire de 3,6 millions d’euros, couvrant la valeur intégrale de l'équipement. Concernant le manque de supervision lors de l’assemblage des turbines, la société a réagi en mobilisant des experts internationaux. « Duglas Alliance a indiqué qu’elle a contacté deux entreprises de renommée internationale pour l’installation et la supervision des turbines, afin de s’assurer que l’équipement sera installé correctement et que l’usine répondra aux normes de qualité requises par le gouvernement », assure Malabo.
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Au-delà de ces résolutions techniques, l’État équato-guinéen a obtenu des sécurités financières. L’entreprise a accepté une garantie de 10 ans ans, stipulant que toute panne ultérieure due à une mauvaise construction sera entièrement à sa charge après la livraison officielle. À ces garanties s’ajoute une retenue à la source de 5 % appliquée non seulement sur chaque versement futur pendant l’exécution du projet, mais aussi sur les sommes toujours en attente de décaissement par l'État.
La construction de la centrale hydroélectrique de Sendje, lancée en 2012 accuse un retard. La livraison initialement prévue en 2017, a été reportée en 2021 pour un taux d’exécution de 70 % en février dernier. Le projet a été paralysé par un conflit financier avec le maître d’œuvre, Duglas Alliance Ltd, soupçonné de « surfacturation ». Début février, l'entreprise réclamait 30millions d'euros d'impayés, un montant remis en cause par l'État, car seulement dix jours plus tôt, elle revendiquait 90 millions d'euros soit le triple. Face à cette opacité, le Vice-Président Nguema Obiang Mangue a exigé un examen approfondi des coûts. Ces inquiétudes sont corroborées par le maître d’œuvre projet, AFRY, qui a estimé que les non-conformités et anomalies de construction pourraient laisser Duglas Alliance avec une dette de plus de 191 millions d’euros envers l’État.
Au finish, le Vice-Président a autorisé la relance des travaux, mais sous conditions : un nouveau contrat complémentaire doit être établi, intégrant des pénalités strictes. Duglas Alliance doit présenter un plan d’exécution technico-financier détaillé (coûts, délais, étapes). D'une capacité prévisionnelle de 200 MW pour un coût estimé à 525 millions $, la centrale de Sendje est un projet destiné à fournir une source d'énergie propre et renouvelable, essentielle pour la sécurité énergétique du pays.








