Dans le cadre de la lutte contre la vente des aliments impropres à la consommation, l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (Agasa) a signé le 7 août une note portant interdiction de vente les « galettes » de fabrication artisanale. « A compter de la date de signature de la présente note, il est strictement interdit de détenir en vue de la vente au consommateur des galettes provenant d’établissements non agréés par l’Agasa. Tous les contrevenants à cette mesure s’exposant aux sanctions prévues par la réglementation en vigueur », indique le document.
L’Agence souligne que, les consommateurs doivent s’assurer que les galettes des fournisseurs proviennent d’un établissement agréé en appelant au numéro « 011 44 21 33 ». En outre, l’organisme invite les consommateurs à dénoncer les producteurs informels afin de contribuer au plan de surveillance sur l’ensemble du territoire national.
Lire aussi : Sucre : après le rachat de Sucaf, le turc MFB peine à approvisionner le marché gabonais
La guerre contre les boulangeries artisanales au Gabon n’est pas nouvelle. Il y a deux ans, le service départemental du commerce du Ntem a procédé à la fermeture de dizaines d’établissements alimentaires. Ces lieux de commerce ont été fermés pour « non-respect des règles d’hygiène élémentaire ». Car, d’après les autorités, les baguettes de pain et les galettes commercialisées par ces structures sont produites grâce aux fours à charbon traditionnels. Ce qui ne garantit pas la qualité d’hygiène exigée pour ces produits. Et par conséquent, ces pains et galettes peuvent être nocifs pour la santé des consommateurs.
Du côté des opérateurs économiques, le durcissement de la règlementation contre les boulangers traditionnels est contradictoire avec la volonté des autorités de favoriser le « made in Gabon » et la promotion de l’entreprenariat local. Ceci dans un contexte où Libreville, la capitale du pays, connaît régulièrement une pénurie de farine de blé, et par conséquent de produits comme les pains, et les galettes.
Contre-arguments
Cet argumentaire est rejeté en bloc par l’Agasa qui explique qu’elle est disposée à accompagner les établissements alimentaires qui ont du mal à respecter les normes sanitaires et d’hygiène. Ainsi, le suivi et l’accompagnement que l’Agasa apporte sont des garanties pour les opérateurs économiques de la conformité de leurs pratiques et du respect de la réglementation en vigueur. Cependant, prévient l’Agence, les opérateurs économiques dont le niveau sanitaire met en danger la santé des consommateurs s’exposent à des sanctions allant jusqu’à la fermeture provisoire de leurs établissements.
En effet, depuis 2021, l’Agasa a renforcé les contrôles dans les établissements alimentaires. Elle s’est alors dotée d’une application pour le contrôle sanitaire pour les besoins de la cause. Cette application est « évolutive » et a débuté a dans les établissements de type « Horeca » (hôtel-restaurant, les restaurants, les boulangeries avec des activités de pâtisseries et salons de thé, les services traiteurs, les pizzerias et les fast-foods.
Les informations sont énumérées sur une cartographie et portent sur : la situation géographique, le nom de l’établissement, la dernière date de contrôle, le statut d’agréage sanitaire ; le niveau d’hygiène. Ce dispositif digital présente le niveau sanitaire et d’hygiène des établissements inspectés, et est présenté par une « icône sanitaire » : vert pour « très satisfaisant » ; jaune pour « satisfaisant » ; bleu foncé pour « à améliorer » ; rouge pour « très insatisfaisant ».



