elite_capital-15-09-2026
Breaking News
Chargement des breaking news...
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Business et Entreprises

Investir au Gabon : le défi à 27 000 milliards Fcfa de l’Agence nationale de promotion des investissements

Bras opérationnel du Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030, structuré autour de piliers stratégiques, l’ANPI est chargée d’attirer les 17 000 milliards Fcfa de capitaux privés nécessaires à la transformation économique du pays. Libreville veut convaincre que le moment d’investir est venu.

Publiée dimanche 17 mai 2026 à 16:32:50Modifiée dimanche 17 mai 2026 à 16:36:49Temps de lecture 6 minPar Jean Omer Eyango

PHOTO-2026-05-17-14-46-48
Ghislain Moandza Mboza DG ANPI Gabon @Site internet de ANPI

À Kigali (Rwanda), lors de la session spéciale « Invest in Gabon » organisée le 15 mai en marge de la 13e édition de l’Africa CEO Forum, le message porté par les autorités gabonaises a porté sur l’ambition du pays de changer d’échelle. Derrière cette offensive de séduction économique, une institution concentre l’essentiel des attentes : l’Agence nationale de promotion des investissements (ANPI). Créée en 2018, cette entreprise publique est appelée à jouer le rôle de cheville ouvrière du Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030, vaste programme évalué à 27 000 milliards Fcfa, soit près de 49 milliards de dollars, destiné à transformer l’économie gabonaise. Une mission cornélienne confiée par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, arrivé au pouvoir le 30 août 2023 à la suite du renversement du régime d’Ali Bongo Ondimba par le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), puis conforté à la tête du pays après son élection à la présidentielle du 12 avril 2025 avec 94,85% des suffrages. Pour Libreville, cette légitimité électorale doit désormais se convertir en crédibilité économique.

Le pari financier du PNCD est colossal. Sur les 27 000 milliards Fcfa nécessaires, l’État gabonais prévoit d’en mobiliser 10.000 milliards sur ressources propres. Les 17 000 milliards restants devront provenir de financements privés, de partenariats public-privé (PPP) et de joint-ventures. « Décider d’investir au Gabon, c’est faire le choix d’une économie suffisamment structurée, capable d’assurer des niveaux de croissance positifs et donc des marges de rentabilité intéressantes », a assuré à Kigali Gislain Moandza Mboma, directeur général de l’ANPI. Il a surtout insisté sur les fondamentaux que Libreville entend désormais mettre en avant : « la stabilité et la paix », « la sécurité des investissements », « l’engagement de l’État » et « l’ouverture vers l’extérieur ». Le gouvernement veut convaincre que le Gabon entre dans une nouvelle séquence économique. 

En effet, le PNCD se présente comme la traduction opérationnelle du projet présidentiel « Bâtissons l’édifice nouveau », articulé autour de six piliers : l’accès à l’eau et à l’électricité, l’emploi des jeunes, les infrastructures et le numérique, le capital humain et la justice sociale, la diversification économique ainsi que la gouvernance et l’État de droit. Au cœur de cette stratégie se trouve un objectif longtemps affiché mais rarement atteint, à savoir transformer localement les ressources naturelles. Le Gabon dispose d’importantes réserves de manganèse, de fer, d’or, d’uranium, de pétrole et de gaz. Mais le pays veut désormais remonter les chaînes de valeur industrielles. La ministre de la Planification et de la Prospective, Louise Pierrette Mvono, a insisté à Kigali sur le fait que la transformation locale du manganèse et du fer constitue l’un des trois projets structurants du PNCD, avec la souveraineté alimentaire et la valorisation du capital naturel.

Dans les hydrocarbures, Libreville mise sur un repositionnement stratégique. Producteur de pétrole depuis près d’un demi-siècle, le pays extrait actuellement autour de 230.000 barils par jour. Malgré le vieillissement de certains champs, le potentiel demeure considérable. Sur les 255 000 km² du bassin sédimentaire gabonais, seules 30% des zones sont réellement exploitées, selon le gouvernement. Les autorités mettent surtout en avant 2,1 milliards de barils de réserves prouvées et probables, ainsi que 28 billions de pieds cubes de gaz déjà identifiés. Le gouvernement fait savoir que l’offshore profond et ultra-profond reste largement sous-exploré, ouvrant la voie à de nouveaux investissements dans l’exploration, la production et le gaz naturel liquéfié (LNG). Libreville ambitionne ainsi de faire du Gabon « un hub énergétique au service de l’industrialisation africaine ».

Au-delà du pétrole, l’ANPI vend l’image d’un pays aux marchés encore peu concurrentiels. L’agriculture constitue l’un des principaux axes de diversification dans la mesure où le Gabon dispose de 6,8 millions d’hectares de terres arables, dont seulement 20% sont mobilisés. Les autorités veulent par ailleurs développer les filières agroalimentaires et réduire la dépendance aux importations, notamment dans le poulet de chair.

Le complexe industriel de Mandji, construit sur l’île éponyme située dans la province de la Ngounie (Sud du Gabon), qui a produit 100.000 tonnes d’huile de palme en 2023, illustre cette volonté de structuration industrielle. Même logique dans la filière forêt-bois. Avec 22 millions d’hectares de couverture forestière et 2,24 millions d’hectares de forêts aménagées, le Gabon veut poursuivre la structuration d’une industrie de transformation locale du bois. « Nous avons encore des réserves disponibles pour lesquelles les investisseurs peuvent s’engager afin de développer des unités de transformation », plaide Gislain Moandza Mboma. Le gouvernement présente également la pêche comme un secteur à fort potentiel, le pays disposant de 800 kilomètres de côtes poissonneuses et d’un potentiel halieutique estimé à 200.000 tonnes par an. Dans le secteur touristique, les autorités misent surtout sur l’écotourisme haut de gamme, adossé aux parcs nationaux, à la biodiversité et au littoral encore préservé.

Incitations 

Pour attirer les investisseurs, le Gabon avance aussi ses avantages structurels tels que la monnaie, notamment le Fcfa dont il vante la stabilité, un code minier jugé attractif, une base de données géologique avancée et un potentiel hydroélectrique évalué à 10.000 MW. La Zone économique spéciale (ZES) de Nkok reste la principale vitrine de cette politique. Elle propose un arsenal d’incitations rarement égalé dans la sous-région : 0% d’impôt sur les sociétés, 0% de TVA, exonération de taxes foncières et de droits de douane, ainsi qu’un cadre réglementaire stabilisé. Le pays met également en avant la simplification administrative. Par exemple, grâce au guichet numérique piloté par l’ANPI, plus de 50.000 entreprises ont déjà été créées. Du reste, le Gabon tente de se positionner comme une plateforme logistique et industrielle régionale. Le pays dispose aujourd’hui de trois ports (deux à Libreville et un à Port-Gentil), ainsi que de deux aéroports majeurs. « Investir au Gabon, c’est avoir la capacité d’évacuer sa production », résume le directeur général de l’ANPI.

Reste une interrogation majeure : le Gabon est-il réellement capable de transformer cette offensive de communication en investissements massifs ? Derrière les promesses, le défi est immense. Le pays est appelé a rassurer sur la continuité des réformes, accélérer la modernisation énergétique et surtout démontrer sa capacité à exécuter les projets annoncés. Si la stabilité politique mise en avant par Libreville constitue un argument central dans cette stratégie, les investisseurs attendront aussi des résultats tangibles sur le climat des affaires, les infrastructures et la gouvernance. En attendant, le Gabon envoie le message qu’après des décennies d’économie rentière dominée par le pétrole brut, le pays veut désormais industrialiser ses ressources, diversifier sa croissance et capter une nouvelle vague de capitaux africains et internationaux.

  • Accueil
  • Business et Entreprises
  • Investir au Gabon : le défi à 27 000 milliards Fcfa de l’Agence nationale de promotion des investissements
GabonANPI Gabon investissement PNCD 2026-2030investir au Gabon 2026 opportunitésPNCD Gabon 27000 milliards FCFA capitaux privésAgence nationale promotion investissements GabonGabon attractivité investisseurs étrangers 2026ZES Nkok Gabon incitations fiscalesmanganèse fer transformation locale Gabon ANPIpétrole offshore Gabon exploration réservesforêt bois transformation industrielle Gabonagriculture terres arables Gabon diversificationGislain Moandza Mboma ANPI Gabon directeurhub énergétique Gabon industrialisation africaineInvestir au Gabon
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

Epremiumnotre-avis-sur-lentreprise-eramet-sa-ermtBusiness et EntreprisesL'action du minier Eramet en forte baisse après l'annonce de son sauvetage par l'Etat françaisLe groupe minier français envisage notamment des cessions totales ou partielles de certains actifs.il y a 3 heuresPartenariat Stratégique pour le Terminal Agro-industrielBusiness et EntreprisesPort de Kribi : BGFIBank Cameroun accompagne la création d’un terminal dédié au traitement agro-industriel à 50 milliards FcfaL’infrastructure doit ouvrir en 2029 pour contribuer à la fluidité des approvisionnements et, plus largement, à la sécurité alimentaire du Cameroun et dans la sous-région.il y a 22 heuresEpremiumMjAyMjA3MmEzMTEzN2Q3OWU4MTU2OTc2NGE3MzMxYTdkMWYyNTkTransport et LogistiqueLogistique pétrolière : Peschaud s'appuie sur sa filiale camerounaise pour se renforcer au CongoLe groupe français consolide son implantation à Pointe-Noire à travers sa filiale camerounaise, qui apporte une partie de ses actifs à Peschaud Maritime Congo, une société dont elle détient l'intégralité du capital.il y a 1 jourEpremiumimages (10)Agro-industrieGabon : l'unique raffinerie de sel (Ragasel S.A) perd près d'un milliard de FCFA et frôle la failliteRagasel traverse une crise financière qui l'oblige à consulter ses actionnaires sur son avenir. Une assemblée générale décisive est convoquée à Libreville, avec la possibilité d'une dissolution anticipée.il y a 1 jourolam palm gabonAgro-industrieGabon : Olam Palm relance sa production avec un bonde 82 % des récoltesAprès un début d'année difficile, Olam Palm Gabon a relevé sa production au deuxième trimestre, avec + 82,2 % pour les régimes et + 25,1 % pour l'huile brute. Une reprise qui ne s'est pas répercutée sur la contribution de la filiale à l'échelle du groupe.il y a 1 jourEpremiumAgroalimentaireAgro-industrieGabon : de l'Inde à la Chine, les groupes étrangers se positionnent sur le marché agroalimentaire A l’heure où le gouvernement gabonais cherche la bonne formule pour réduire sa dépendance aux importations, les partenariats se multiplient entre projets avicoles de plusieurs dizaines de milliards FCFA et ambitions de transformation agricole.il y a 1 jour

Articles similaires

bd9e5496-e167-4026-a0a1-7381329a6a4cPolitiques PubliquesRemaniement ministériel au Gabon : les sortants, les promus et les rescapés d'Oligui NguemaTrois jours après un Conseil des ministres consacré aux urgences économiques et sociales, la présidence gabonaise a dévoilé, dimanche 11 octobre, un nouveau gouvernement. Huit personnalités font leur entrée, cinq quittent l’exécutif et l’équipe gouvernementale passe de 29 à 32 ministres et ministres délégués.il y a 2 joursEpremiumChristelMines et énergiesGabon : les dividendes de Comilog versés au groupe Eramet chutent de 61 %Les dividendes provenant de Comilog auraient fortement diminué pour le groupe Eramet en 2025, alors que les actionnaires publics gabonais ont vu les leurs progresser de 42 %, à 44,1 millions d'euros.il y a 5 joursraffinerieMines et énergiesGabon : Oligui Nguema instruit la construction d’une nouvelle raffinerieLe chef de l'État a ordonné le lancement des études pour remplacer une SOGARA qui ne couvre plus que 25 % de la demande nationale. La subvention aux carburants coûte désormais 30 milliards de FCFA par mois.il y a 5 joursLe ministre des Transports, de la Marine Marchande et de la Logistique au Gabon est Ulrich Manfoumbi ManfoumbiTransport et LogistiqueTransport maritime : le Gabon prend la tête du dispositif régional de contrôle des naviresLe Gabon dirigera pendant deux ans le mécanisme chargé de coordonner le contrôle des navires dans les ports d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Une responsabilité qui intervient dans un contexte de hausse des anomalies détectées à bord des navires inspectés dans la région.il y a 1 semaineCapture d’écran 2026-10-01 à 16.32.33Banques et FinanceCEMAC : un prêt bancaire coûte 2,6 fois plus cher au Gabon qu’au CamerounSe financer auprès d’une banque reste particulièrement coûteux au Gabon. Le pays affiche le taux moyen (TEG) le plus élevé de la CEMAC, soit 21,5 % contre 8,31 % au Cameroun.il y a 1 semaine
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1CEMAC : les pièces de monnaie émises entre 1958 et 1985 perdront leur cours légal dès le 1er novembre 2026il y a 5 jours2Gabon : l’État place une société agricole sous administration provisoire après l’échec de sa dissolutionil y a 4 jours3Youssoufa Bouba : le banquier de l’ombre qui fait briller Afrilandil y a 6 jours4Remaniement ministériel au Gabon : les sortants, les promus et les rescapés d'Oligui Nguemail y a 2 jours5Hydroélectricité : la BAD et la BDEAC s'engagent dans le projet Minkouma, estimé à 584 milliards FCFAil y a 1 jour6Cameroun : les grandes multinationales bientôt obligées d'ouvrir 20 % de leur capital à la BVMAC ?il y a 1 jour7Cameroun : l'État relance, 12 ans après, le projet de complexe industriel agroalimentaire à Kaélé pour 23 milliards FCFAil y a 6 jours8Carburants : pourquoi la BEAC pousse les pays de la CEMAC vers la raffinerie Dangoteil y a 1 jour9Taoukreo Hemwue Temwa promu directeur national de la BEAC au Tchadil y a 6 jours10Grande distribution : au Cameroun, Carrefour reste déficitaire pour la deuxième année consécutiveil y a 1 semaine
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.