Moins de trois mois après la visite officielle au Cameroun du vice-président de la République de Guinée équatoriale, Teodoro Nguema Obiang Mangue, le projet pétro-gazier transfrontalier Yoyo-Yolanda franchit une étape majeure. Dépêché par le président Paul Biya, le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique par intérim, Fuh Calistus Gentry, séjourne depuis le 1er février à Malabo, dans le cadre d’une mission de travail consacrée à la signature de l’accord d’unitisation du gisement pétrolier et gazier Yoyo (Cameroun)-Yolanda (Guinée équatoriale).
Cette séquence s’inscrit dans une dynamique relancée à la faveur du déplacement de Teodoro Nguema Obiang Mangue à Yaoundé en décembre 2025, au cours duquel il avait été reçu au Palais de l’Unité par le chef de l’État camerounais. En marge de cette visite, le vice-président équato-guinéen s’était également rendu, le 19 novembre 2025, à la Société nationale des hydrocarbures (SNH), où il avait réaffirmé l’engagement de son pays à accélérer ce chantier stratégique, présenté comme l’un des plus structurants d’Afrique centrale.
Avec l’administration de la SNH, le haut responsable équato-guinéen avait alors relancé officiellement les discussions autour de la reprise active du processus d’unitisation des champs pétro-gaziers Yoyo et Yolanda, près de trois ans après la signature, le 17 mars 2023 à Yaoundé, par les présidents Paul Biya et Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, de l’accord bilatéral encadrant l’exploitation conjointe de ces ressources. Déposé auprès de l’Organisation des Nations unies en janvier 2025, ce texte constitue la base juridique du projet et sécurise durablement la coopération entre les deux États.
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Depuis, administrations et opérateurs — notamment Noble Energy Cameroun et Noble Energy Guinée équatoriale, filiales du groupe Chevron — ont multiplié les sessions techniques consacrées au choix de l’option de développement et à l’examen du projet d’accord d’unitisation.
Les échanges de novembre dernier à la SNH visaient à lever les derniers obstacles techniques et administratifs. C’est dans ce contexte que la délégation ministérielle camerounaise a entamé, dès sa première journée à Malabo, une visite de la raffinerie de gaz naturel de Punta Europa, pôle industriel majeur d’Afrique centrale. Le complexe abrite un terminal d’hydrocarbures, une usine de gaz naturel liquéfié (GNL) exportant la production des champs d’Alba et d’Alen, ainsi que des installations de traitement de GNL, de condensats, de gaz de pétrole liquéfié (GPL) et de méthanol. Une immersion qui illustre l’option privilégiée d’une synergie industrielle régionale.
Au-delà de la portée technique, l’accord d’unitisation attendu consacre une vision partagée : renforcer l’intégration énergétique au sein de la CEMAC, accroître la production gazière régionale, soutenir l’industrialisation locale et générer des retombées économiques significatives pour les deux pays. Pour la SNH, le projet Yoyo-Yolanda illustre la capacité de l’Afrique centrale à bâtir des solutions communes fondées sur la valorisation souveraine de ses ressources naturelles, dans l’esprit d’une coopération Sud-Sud pragmatique et durable.
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