Le ministre camerounais du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a signé le 5 juin 2026 un arrêté fixant la redevance à l’exportation du cacao à 125 FCFA par kilogramme. Ce nouveau tarif marque une baisse de 100 FCFA par rapport au niveau de 225 FCFA instauré en janvier 2025, soit un recul de près de 45%. Selon l’arrêté ministériel, la nouvelle redevance continuera d’alimenter les principaux organismes de la filière. Les fonds sont redistribués selon une clé précise : 23 FCFA/kg pour l'Office national du cacao et du café, 19 FCFA/kg pour le conseil international du cacao et du café, 3 FCFA/kg pour la Société de développement du cacao, 1 FCFA/kg pour la Chambre d'agriculture, 68,75 FCFA/kg pour le FODECC, 2 FCFA/kg pour le SOWEDA, et 6,25 FCFA/kg pour la Douane.
Cette décision intervient après la forte revalorisation de près de 50% de la redevance, qui était alors passée de 150 FCFA à 225 FCFA par kilogramme. Cette hausse avait été justifiée par l’envolée des cours du cacao, dans un contexte où les prix aux producteurs avaient atteint jusqu’à 4 000 FCFA le kilogramme dans les bassins de production. Une augmentation importante qui avait poussé les autorités monétaires sous-régionales a plaidé pour un allègement des charges pesant sur les exportateurs.
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Dans son bulletin économique de juin 2025, la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) estimait que le cadre fiscal et parafiscal appliqué à l'exportation du cacao camerounais pèse sur la compétitivité des exportateurs. Mettant un accent sur l’accumulation des prélèvements à l’exportation, la BEAC souligne que « chaque exportateur paye par kg de cacao exporté 225 F CFA, auxquels il faut ajouter 200 F CFA au titre des droits de sortie, ainsi que 2,2% du chiffre d’affaires au titre de l’avance sur l’impôt sur les sociétés (IS) ». Toute chose qui apparait « très exagérée », réduisant fortement les marges des opérateurs et accentuait leurs tensions de trésorerie. La banque centrale recommandait notamment une révision de la fiscalité appliquée à la filière afin de mieux prendre en compte la rentabilité des exportateurs et de préserver leur compétitivité sur le marché international.
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Il tient toutefois de préciser que la révision de la redevance à l’export s’aligne à la situation financière actuelle du marché international du cacao et des planteurs locaux depuis mi 2025. Après avoir atteint des sommets fin 2024 (13 000 USD la tonne), la filière cacao fait face à un brutal revirement de situation et l’or brun s’échange actuellement autour de 3 250 USD/t, soit une chute de 75 %. Le Cameroun, contraint de s’arrimer à cette nouvelle tendance, réduit progressivement ses prix d’achat au port de Douala, mettant en péril les revenus de plus de 600 000 planteurs. Le prix à l’export est passé de 6 000 FCFA/kg pendant la période d’euphorie à 2 199 FCFA/kg à la date du 8 juin. Les producteurs, qui pouvaient percevoir jusqu’à 4 000 FCFA le kilogramme, rémunèrent dorénavant autour de 1 500 FCFA selon les données actualisées de l’ONCC.
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Pour rappel, lors de la campagne 2024-2025, la production commercialisée a, pour la première fois, franchi la barre des 300 000 tonnes, atteignant 309 518 tonnes, soit une hausse de 13% par rapport à la campagne précédente. Une performance qui a permis aux producteurs d’engranger un revenu record de 1 200 milliards FCFA. Malgré le repli significatif des cours, le cacao demeurent le principal produit d’exportation générant 810 milliards FCFA (+19%) et représentant 26,3% des recettes d’exportation en 2025.

