En République centrafricaine, malgré une hausse de 17,4 % des recettes internes à 155,5 milliards FCFA, le déficit budgétaire a franchi la barre des 83,5 milliards FCFA en 2024, soit 33,5 milliards au-dessus de l’objectif initial de 50 milliards. Ces données figurent dans un récent rapport du FMI, publié en marge des 3ᵉ et 4ᵉ revues de l’accord au titre de la Facilité élargie de crédit. L’institution explique ce dérapage par des dépassements de dépenses, le déficit primaire atteignant 4,9 % du PIB en 2024, contre 3,5 % en 2023. "Cela inclut 1 % du PIB en charges à payer à partir de décembre 2023, mais payées en janvier 2024 (y compris les salaires et traitements et les biens et services), les transferts en capital et les frais de syndication régionale", fait savoir l’institution de Bretton Woods.
Dans le détail, ces dépassements ont été constatés pour les missions à l’étranger qui ont coûté 6,7 milliards FCFA, l'acquisition de moyens roulants pour les militaires et d'allocations alimentaires (4 milliards FCFA), l'organisation de conférences (2,2 milliards FCFA). Ces trois postes ont contribué à 38,5% à l’aggravation des dépenses. Le creusement de l'écart est également lié aux reports de dépenses de décembre 2023 à janvier 2024 évalués à 7,5 milliards, à des charges d’investissement exceptionnelles (4,2 milliards FCFA) et à des commissions sur les syndications de dette de marché régional des Titres Publics (environ 6 milliards FCFA).
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Dans sa loi de finances rectificative 2025, le gouvernement centrafricain projette un déficit budgétaire de 40 milliards de FCFA. Les prévisions tablent sur des recettes de 186 milliards de FCFA et des dépenses de 226 milliards de FCFA. Ce déficit est projeté malgré les craintes du FMI qu'un "dérapage" des dépenses liées aux élections présidentielle et locales du 28 décembre prochain ne vienne perturber ces projections. Si ces chiffres sont respectés, le déficit budgétaire primaire intérieur s'établirait à 2,1 % du PIB, soit une baisse de 2,8 points par rapport à l'année précédente.
Pour 2025, la loi de finances rectificative projette un déficit ramené à 40 milliards FCFA, avec des recettes attendues à 186 milliards et des dépenses à 226 milliards. Le gouvernement prévoit notamment de réduire de 11 milliards FCFA les dépenses en biens et services, grâce à une limitation des voyages de mission, une hiérarchisation plus stricte des dépenses et une baisse des frais de syndication. Le FMI craint toutefois que les élections du 28 décembre ne fassent à nouveau déraper les comptes.
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