L'agence de notation Fitch Ratings a confirmé la note de crédit à long terme « AAA » de la Banque africaine de développement (BAD), avec une perspective stable, soulignant la solidité de son bilan, la qualité de sa gouvernance des risques et le soutien de ses principaux actionnaires. Dans un communiqué publié le 11 juin, Fitch estime que la banque conserve une « excellente capitalisation » et bénéficie d'un soutien exceptionnel de ses États membres les mieux notés, notamment l'Allemagne, les Pays-Bas, la Suisse, la Suède, la Norvège, le Danemark et le Luxembourg.
Cette décision intervient alors que la BAD accélère ses activités de financement. Les actifs de l'institution ont progressé de plus de 14 % en 2025, tandis que son portefeuille de prêts continue de croître. Fitch souligne toutefois que cette expansion s'accompagne d'une légère érosion des ratios de capitalisation de la banque. Le ratio de fonds propres utilisables sur actifs pondérés en fonction des risques est ainsi passé de 59 % à 57 % entre 2024 et 2025.
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Concernant la qualité du portefeuille, Fitch estime que « le risque de concentration demeure modéré » malgré une exposition importante à plusieurs emprunteurs souverains africains. L'agence souligne également que la BAD conserve son statut de créancier privilégié. « Même les pays confrontés à des tensions budgétaires continuent généralement de servir leurs obligations envers la banque », écrit-elle en citant le cas du Sénégal.
La confirmation de la note AAA intervient également quelques semaines après le lancement de la Nouvelle architecture financière africaine (NAFAD), une initiative portée par le président de la BAD, Sidi Ould Tah. Ce dispositif vise à mieux coordonner les institutions financières africaines existantes afin de mobiliser davantage l'épargne du continent au profit de son développement. L'objectif est notamment de réduire le coût du capital en Afrique en améliorant les mécanismes de partage et de couverture des risques, considérés comme l'un des principaux freins aux investissements.
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Dans cette logique, la BAD a récemment annoncé une prise de participation de 125 millions de dollars dans ATIDI, l'assureur panafricain spécialisé dans la couverture des risques politiques et commerciaux. Avec cette confirmation du AAA, la BAD conserve le statut de l'une des rares institutions financières africaines bénéficiant de la meilleure notation possible, un atout déterminant au moment où elle cherche à accroître sa capacité de financement pour répondre à un déficit annuel d'investissements estimé à plus de 400 milliards de dollars sur le continent.














