Le négociant anglo-suisse en matières premières Glencore a déclaré avoir versé 11,5 millions de dollars (soit environ 6,5 milliards FCFA) à l'État camerounais au titre de l'exercice 2025, selon son rapport annuel. Ce chiffre marque une chute de 46,5% par rapport aux 21,6 millions de dollars (12,2 milliards FCFA) versés en 2024. Une contraction qui reflète l'effondrement de la production pétrolière Bolongo, seule activité extractive du groupe au Cameroun.
Dans le détail, les versements de Glencore se décomposent en deux flux : 9,8 millions de dollars de droits de production versés à la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH), mandataire de l'État dans le secteur pétrolier, et 1,7 million de dollars d'impôts sur le revenu réglés au Trésor public.
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La baisse des paiements s'explique directement par le recul de la production. Sur la base des droits d'intérêt de Glencore, sa production au Cameroun a reculé de 20% en glissement annuel, passant de 201 000 à 161 000 barils en 2025. Plus préoccupant encore, la production brute globale du projet Bolongo a chuté de 25%, s'établissant à 611 000 barils contre 815 000 un an plus tôt. La tendance de long terme est tout aussi alarmante : en 2020, ces mêmes indicateurs affichaient respectivement 872 000 barils pour la part Glencore et 2,528 millions de barils pour la production brute totale soit une division par quatre en cinq ans pour ce dernier indicateur.
Le bloc Bolongo, situé dans le bassin du Rio del Rey dans la région du Sud-Ouest, fait l'objet d'un contrat de recherche signé en 2009 entre Glencore et la SNH. En 2018, Glencore avait cédé 50% de ses droits et obligations sur le bloc au groupe français Perenco, qui en a repris le rôle d’opérateur.
L'ombre de l'affaire de corruption
Ce recul des performances de Glencore au Cameroun intervient dans un contexte judiciaire toujours chargé. Fin 2022, la justice britannique avait condamné le négociant à une amende de 276 millions de livres sterling (environ 162,7 milliards FCFA) après qu'il eut plaidé coupable de corruption pour l'obtention de contrats pétroliers dans cinq pays africains.
Lors de sa comparution en mai 2022, Glencore avait reconnu avoir versé environ 79,6 millions de dollars (près de 50 milliards FCFA) à des intermédiaires pour obtenir des faveurs auprès d'entités publiques au Nigeria, au Cameroun, en Côte d'Ivoire, en Guinée Équatoriale et au Soudan du Sud.
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Au Cameroun, la SNH a déposé une plainte devant le Tribunal Criminel Spécial (TCS) le 6 novembre 2023. Cette procédure reste pendante. Par ailleurs, six anciens dirigeants de la multinationale opérant au Cameroun, au Nigeria et en Côte d'Ivoire ont été inculpés à Londres leurs identités n'ayant pas encore été rendues publiques.
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