Les exportations de pétrole brut du Cameroun vers les États-Unis ont fortement reculé entre 2020 et 2025. Selon les données de l’Energy Information Administration (EIA), l’agence d'information sur l'énergie des États-Unis, publiées le 27 février 2026, les volumes sont passés de 7,46 millions de barils en 2020 à 958 000 barils en 2025, soit une baisse de 6,5 millions de barils (-87 %). « Les flux sont passés d’une régularité mensuelle en 2020 à des livraisons sporadiques en 2025 », indiquent les relevés de chargement.
Ce recul s’explique par la contraction de la demande américaine pour les bruts importés, dans un contexte de montée en puissance du pétrole de schiste domestique, explique l’EIA. Parallèlement, la Société nationale des hydrocarbures (SNH) a réorienté ses cargaisons vers l’Asie et l’Europe, où les qualités de brut camerounais, notamment Kole et Lokele, trouvent des débouchés plus stables. En 2025, le Cameroun n’a exporté vers les États-Unis que sur deux mois (janvier et février), contre une présence continue sur les douze mois en 2020.
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Cette évolution réduit le poids des États-Unis dans les débouchés du pétrole camerounais et pèse sur la diversification des partenaires commerciaux. En 2025, le commerce de biens entre les deux pays s’est établi à 457,1 millions de dollars. Les exportations américaines vers le Cameroun ont atteint 169,3 millions de dollars (-9,8 %), tandis que les importations américaines en provenance du Cameroun ont progressé à 287,7 millions de dollars (+16,4 %). Le déficit commercial des États-Unis vis-à-vis du Cameroun s’est ainsi creusé à 118,4 millions de dollars, en hausse de 99,1 % sur un an. Dans ce contexte, le marché américain n’absorbe plus qu’une part marginale du brut camerounais.
Sur cinq ans, la tendance reste orientée à la baisse : après 7,4 millions de barils en 2020, les volumes sont tombés à 1,3 million en 2021, avant de devenir quasi nuls en 2022 et 2023. Un rebond ponctuel a été observé en 2024 avec 1,6 million de barils, sans modifier la trajectoire. À l’échelle de la Cemac, seuls le Cameroun et le Gabon ont exporté du brut vers les États-Unis entre 2023 et 2025. Les dernières livraisons du Congo et de la Guinée équatoriale remontent à 2023. Le Tchad, pour sa part, n’a expédié que 936 000 barils en 2024, dont 189 000 en juin, loin des 25,9 millions de barils exportés en 2016.
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