Dans une tribune publiée dans le journal Challenges le 20 juillet 2026, le Président-directeur général du groupe Emrald Securities Services (ESS), Christian Din Dika, estime que l'immobilier pourrait devenir l'un des principaux moteurs du développement des marchés financiers en Afrique centrale. Selon lui, la croissance rapide des villes, les besoins croissants en logements, bureaux et infrastructures logistiques ainsi que l'essor de nouveaux véhicules d'investissement devraient progressivement faire de ce secteur un levier majeur de financement de l'économie régionale.
« Les projets immobiliers nécessitent des financements de long terme, difficilement compatibles avec les ressources de court terme des banques commerciales », souligne le financier camerounais. Cette contrainte devrait favoriser le recours aux marchés de capitaux à travers de nouveaux instruments tels que les obligations d'infrastructure, les émissions obligataires d'entreprises, les fonds immobiliers ou encore les sociétés foncières cotées de type REIT (Real Estate Investment Trust).
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Pour le dirigeant, cette évolution pourrait constituer un accélérateur important pour la Bourse des valeurs mobilières de l'Afrique centrale (BVMAC). « La cotation progressive de promoteurs immobiliers, de sociétés foncières ou de fonds spécialisés contribuerait à accroître la profondeur du marché tout en offrant aux investisseurs institutionnels des actifs diversifiés », écrit-il. Plus largement, il estime qu'un marché immobilier mieux financé stimulerait simultanément le bâtiment, les matériaux de construction, les services financiers et les infrastructures, créant ainsi un « cercle vertueux entre économie réelle et marchés de capitaux ».
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Cette analyse intervient alors que la CEMAC commence à se doter des premiers instruments dédiés à l'investissement immobilier collectif. En 2024, le régulateur du marché financier a délivré les premiers agréments d'Organismes de placement collectif immobilier (OPCI) par Financia Asset Management (FAM). Au-delà de l'immobilier, Christian Din Dika défend une vision plus large de l'évolution de la finance en Afrique centrale. Pour lui, la région dispose désormais des principaux piliers d'un écosystème financier moderne (banque centrale, marché des titres publics, bourse régionale, secteur bancaire consolidé et investisseurs institutionnels en expansion) mais le défi a changé de nature. « L'enjeu des prochaines années ne sera donc plus seulement de produire davantage de richesse, mais surtout de mieux mobiliser l'épargne africaine pour financer les infrastructures, les entreprises et l'innovation », écrit-il, estimant que la région doit désormais s'appuyer davantage sur ses propres ressources financières pour soutenir sa croissance.
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Pour le dirigeant du groupe ESS, cette évolution traduit un changement profond du rôle des marchés financiers sur le continent. « Les entreprises africaines commencent à considérer les marchés financiers non plus comme une vitrine institutionnelle, mais comme un véritable levier de croissance », souligne-t-il. Selon lui, cette mutation devrait encore s'accélérer « avec l'harmonisation réglementaire, la digitalisation des opérations boursières et la montée en puissance des investisseurs locaux ». Dans cette dynamique, l'immobilier apparaît comme l'un des secteurs les mieux placés pour alimenter la BVMAC en nouveaux émetteurs et en véhicules d'investissement de long terme.










