Au Cameroun, les ''cadeaux fiscaux'' issus de l'exonérations de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur les produits de première nécessité (riz, poisson, œufs, lait, etc.) profitent plus aux couches sociales les plus aisées qu’aux pauvres. Ce constat découle d'un récent rapport du Fonds monétaire international (FMI), qui remet en question cette politique sociale. « De nombreuses exonérations de TVA, en particulier sur les denrées alimentaires, restent mal ciblées : seuls 5 à 6 % du manque à gagner occasionné profitent aux ménages les plus pauvres, tandis que plus de 40 % reviennent aux plus riches », indique le FMI.
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A en croire l’institution de Bretton Woods, les larges exonérations de TVA (19,25%), s’apparentent le plus souvent à des « subventions non ciblées ». De même, les incitations accordées aux entreprises — notamment les généreuses exemptions temporaires d’impôt sur les sociétés et les régimes dérogatoires des zones franches — affichent des résultats « mitigés ». Le Fonds souligne en effet que ces dispositifs n'ont pas généré de nouveaux investissements ni stimulé la création d'emplois. Pire encore, selon certaines évaluations, une grande partie des entreprises bénéficiaires auraient de toute façon investi, même en l'absence de ces privilèges fiscaux.

L’institution financière craint ainsi que les récentes mesures fiscales (crédits d’impôt, abattements, réductions de taux et exonérations), bien qu’à visée sociale ou sectorielle, ne rétrécissent l’assiette fiscale. Pour limiter ce risque, elle préconise que ces incitations soient ciblées, limitées dans le temps et systématiquement évaluées. « Il est donc nécessaire de réévaluer le rôle des incitations fiscales dans le cadre d’une stratégie d’investissement plus large ».
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Selon les données du ministère des Finances, l’enveloppe globale des dépenses fiscales au Cameroun a culminé à 449,4 milliards FCFA en 2023, en baisse de plus de 40 milliards FCFA en glissement annuel. Ce coût global, qui représentait 1,5 % du PIB contre 1,8 % en 2022, a été largement dominé par les exonérations de TVA qui ont capté 177,7 milliards FCFA. Dans le détail, les incitations liées aux produits alimentaires et à la santé s'élevaient à 161,3 milliards FCFA, soit environ 4,4 % des recettes fiscales.
En 2024, le ministère alertait déjà sur un fort déséquilibre de répartition : les ménages les plus riches, qui contribuent à hauteur de 51,6 % aux recettes de TVA, captent 45,1 % des dépenses fiscales liées à cette taxe. À l'inverse, les ménages les plus pauvres ne contribuent qu'à hauteur de 4,4 % et n'en retirent que 5,4 % des bénéfices. Pour corriger ces disparités, le gouvernement préconise de renforcer la synergie d’actions entre les administrations douanière et fiscale, d’automatiser l’évaluation des dépenses fiscales via un outil dédié, et de planifier la suppression progressive des mesures dérogatoires n’ayant pas d'impact avéré sur les objectifs fixés, etc.
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