Quarante pour cent des banques de la zone CEMAC ne respectent pas les exigences prudentielles en vigueur, révèle le rapport 2024 de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), consulté par EcoMatin. Au total, 22 établissements sur 55 opérant au Cameroun, en Centrafrique, au Congo, au Gabon, en Guinée équatoriale et au Tchad présentent des insuffisances préoccupantes en matière de fonds propres, de gestion des risques ou de liquidité. « Les normes les moins respectées concernent la division des risques, la couverture des risques, la couverture des immobilisations, le coefficient de transformation, le ratio de fonds propres de base et la représentation du capital minimum », souligne le régulateur.
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Les infractions sont nombreuses et touchent l’ensemble de la zone. Quatorze banques ne respectent pas les règles sur la représentation du capital minimum, six affichent un ratio de capitaux propres inférieur au seuil de 7 %, neuf présentent un ratio de fonds propres de base en dessous du minimum requis de 8,5 %, et neuf encore affichent un ratio de couverture des risques pondérés inférieur au plancher de 10,5 %. À cela s’ajoutent quatre établissements en infraction sur la limite globale de division des risques et dix-huit qui ne respectent pas la limite individuelle de division des risques. La COBAC note également que quatorze banques ne couvrent pas leurs immobilisations à hauteur de 100 %, six ne respectent pas le ratio de liquidité réglementaire, et quatorze ne parviennent pas à financer leurs emplois à long terme à hauteur du seuil minimal de 50 %. Enfin, neuf banques dépassent la limite globale de leurs engagements vis-à-vis de leurs actionnaires, administrateurs, dirigeants ou personnels.
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Cette fragilité structurelle se traduit par une hausse des créances douteuses, qui atteignent 1 536 milliards FCFA en 2024, contre 1 445 milliards un an plus tôt, soit une progression de 6,3 %. Elles représentent 12,2 % des crédits bruts, un niveau quasi stable mais élevé, et constituent près de 76 % des créances en souffrance. L’évolution est contrastée selon les pays : les encours douteux augmentent fortement au Cameroun (+14,5 %), au Gabon (+31,4 %) et au Congo (+5,6 %), tandis qu’ils reculent au Tchad (-11 %), en Guinée équatoriale (-5,4 %) et en République centrafricaine (-15,1 %).
Pour la COBAC, cette situation reflète la vulnérabilité persistante du système bancaire de la CEMAC, à un moment où la régulation se durcit et où les expositions souveraines atteignent des niveaux historiquement élevés. L’institution appelle à une recapitalisation plus vigoureuse du secteur et à une gestion plus rigoureuse des risques afin de préserver la stabilité financière régionale.
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