Au Tchad, le gouvernement entend mobiliser 5,8 milliards de dollars (environ 3 480 milliards Fcfa) pour financer le développement de son secteur des transports. Ce programme s’inscrit dans le Plan national de développement « Chad Connexion 2030 », dont l’ambition est de désenclaver les provinces, renforcer l’intégration régionale et connecter le pays à ses principaux corridors commerciaux. Les opérateurs ou institutions ciblés pour la mobilisation de ces fonds n’ont pas été précisés, mais N’Djamena a récemment annoncé la tenue d’une table ronde des investisseurs à Abou Dhabi en novembre 2025 dans cette perspective.
Les orientations stratégiques du plan portent sur l’extension du réseau routier domestique, la construction de ports secs, la modernisation des aéroports et la promotion de la navigation intérieure. Dans le secteur routier, plusieurs axes prioritaires sont programmés : N’Djamena-Abéché et N’Djamena-Mongo-Abéché pour fluidifier le trafic avec le Soudan ; N’Djamena-Moundou sur le corridor Douala-N’Djamena par lequel transitent l’essentiel des marchandises tchadiennes via les ports camerounais de Kribi et Douala ; N’Djamena-Bangui pour le commerce avec la Centrafrique ; et N’Djamena-Massorory pour relier le Niger. Parallèlement, le gouvernement prévoit l’entretien durable de plus de 3 000 km de pistes rurales et la modernisation des routes secondaires.
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Le volet maritime prévoit le développement de la navigabilité sur l’axe Tchad–Baga–Nigeria ainsi que sur les grands fleuves et le lac Tchad. Six ports secs doivent être construits par le biais de partenariats public-privé, dont un à Toukra afin de désengorger le site frontalier de Ngueli. Concernant les infrastructures aéroportuaires, le plan inclut l’accélération de la construction du nouvel aéroport international de N’Djamena et la modernisation des plateformes régionales d’Amdjarass, Moundou, Am-Timan, Sarh et Faya-Largeau.
À terme, ces projets devraient améliorer la mobilité des populations, réduire les coûts logistiques et soutenir la compétitivité de l’économie tchadienne. L’État mise sur ce programme pour stimuler les investissements privés, notamment via des incitations fiscales dans le secteur du transport urbain et interurbain, tout en consolidant le rôle du pays comme carrefour régional.
Depuis 2018, le Tchad a déjà porté son réseau routier à 40 000 km selon le gouvernement, soit une progression de 18 % en cinq ans, dont plus de 3 000 km de pistes rurales et 7000 km de nouvelles routes bitumées. Le pays compte également cinq ports secs opérationnels, trois routes transfrontalières modernisées et un trafic aérien multiplié par neuf dans ses aéroports. Ces acquis servent désormais de socle à une nouvelle phase d’investissements visant l’horizon 2030.
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