Le Tchad ambitionne de porter sa croissance économique à 7,3 % en 2027, contre 5,3 % projeté en 2026 et 5,1 % enregistré en 2025, soit un bond de 2 points de pourcentage en un an. Cet objectif figure dans la circulaire relative à la préparation du projet de loi de finances 2027, signée le 31 juillet dernier par le chef de l'État, Mahamat Idriss Déby Itno.
Selon l'acte présidentiel, « cette dynamique devra être portée notamment par la reprise des secteurs des services financiers, du numérique et du tourisme, la poursuite des investissements publics et privés dans le secteur du BTP, la montée en puissance des industries et des mines, l'accroissement de la production animale et agricole, le développement de la transformation et de la commercialisation de la viande, la production d'aliments du bétail, ainsi que l'augmentation des cultures de rente et vivrières et de l'offre d'électricité et d'eau ».
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N'Djamena affiche cet optimisme alors que la Banque africaine de développement (BAD) dresse, dans son rapport pays 2026, un bilan mitigé du secteur financier tchadien. D'après l'institution, celui-ci « est confronté à des contraintes majeures qui ralentissent son expansion et son rôle d'intermédiation financière ». Le marché reste dominé par des banques en croissance, mais confrontées à d'importants défis structurels; une situation également observée dans le secteur des assurances. Pour preuve, « environ 40 % des banques ne respectaient pas l'exigence de capital minimum de 10 milliards de FCFA en avril 2024. Le coût du crédit est élevé avec un taux d'intérêt moyen qui se situe autour de 17 % ». En matière d'inclusion financière, le pays accuse également un « retard important », tandis que le secteur de la microfinance, bien que modeste, « montre des signes de progrès ».
Par ailleurs, le commerce extérieur tchadien continue de se fragiliser. Le soutien à la croissance dépendra donc de la capacité du secteur agropastoral à redresser l'excédent commercial, via une productivité accrue susceptible de doper les exportations. Selon l'Institut national de la statistique, des études économiques et démographiques (Inseed), l'excédent de la balance commerciale s'est effondré à 273,9 milliards de FCFA en 2025, contre 597,7 milliards de FCFA en 2024, soit une chute de 54,2 %, son plus bas niveau depuis au moins cinq ans.
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Les prévisions de croissance du gouvernement tchadien dépassent nettement celles des institutions internationales. À titre de comparaison, la BAD ne projette que 3,5 % en 2027 et n'anticipe un PIB à 7 % qu'à l'horizon 2031. De son côté, la Banque mondiale table sur 5,3 % en 2027 après 5,2 % attendus en 2026, tandis que le FMI anticipe un repli à 4,9 % en 2027 (contre 5,2 % en 2026). Toutefois, ces bailleurs de fonds s'accordent sur un point : le Tchad devrait enregistrer la plus forte croissance de la Cemac sur la période, portée par son Plan national de développement. Évalué à 18 000 milliards de FCFA, ce dernier a déjà mobilisé des promesses de financement couvrant plus de la moitié de son budget.
Mais au-delà des chiffres, la présidence fixe ses exigences : « la croissance attendue ne devra pas rester un objectif statistique : elle devra se traduire en emplois, en revenus, en recettes publiques supplémentaires, en baisse des coûts de production et en amélioration du pouvoir d'achat. Les choix budgétaires devront ainsi soutenir les chaînes de valeur nationales, la transformation locale, la productivité et la compétitivité de nos entreprises et de nos producteurs », prévient la circulaire.
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