Après plusieurs défaillances du réseau et de multiples rappels à l’ordre, le gouvernement tchadien hausse le ton face aux leaders des télécoms. Le 27 août, lors d’une réunion de crise avec Airtel et Moov Africa Tchad, le ministre des Télécommunications, Dr Boukar Michel, leur a donné un ultimatum de sept jours pour améliorer la qualité de service. « La rencontre a eu pour objectif de transmettre le mécontentement (…) un délai d’une semaine est donné aux opérateurs pour renforcer leurs équipements et se connecter sur le réseau à la fibre optique », a indiqué le porte-parole du ministère.
Le ministre a relevé que les plaintes de la clientèle concernent des problèmes stabilité, de connectivité irrégulière et d’un mauvais rapport qualité/prix. Par conséquent, une injonction préalable de 3 jours a été donné à Moov et Airtel pour signer des accords commerciaux avec Safitel, l’organe public chargé de la gestion de la fibre optique de 1 275km installée et effective dans la zone orientale du pays depuis ce 1er trimestre. Par la suite, il est exigé aux opérateurs d’engager des travaux de modernisation et d’amélioration de leurs équipements dans le même temps, comme convenu dans leurs cahiers de charge respectifs. Moov, par exemple, s’était engagé, lors du renouvellement de ses engagements en octobre 2024, à améliorer la qualité de son service (QoS), diversifier ses offres, étendre ses zones de couvertures à travers le pays et investir dans des technologies plus performantes (4G et 4G+) afin de répondre aux besoins croissants des consommateurs en matière de connectivité avant la fin de l’année en cours.
En cas de non-respect, des sanctions sont prévues. Les autorités rappellent que les opérateurs avaient déjà été sanctionnés en octobre 2024 après une coupure d’internet, et qu’Airtel avait écopé en 2023 d’une amende de 8,3 millions $ pour détérioration de la qualité du réseau. Les deux opérateurs pointent cependant l’instabilité énergétique et la pénurie de carburant comme principaux freins.
Starlink dans le viseur
A côté de ça, à la vue de l’engouement autour des services Starlink, autorisés sur le territoire depuis tout juste deux mois, le membre du gouvernement tchadien a décidé de règlementer son activité en fixant des conditions d’utilisation spécifique à l’opérateur américain. Dans un arrêté ministériel daté du 27 août 2025, le Tchad soumet l’activité de Starlink à des exigences en matière d’identification des usagers et de contrôle sécuritaire. « Starlink est obligatoirement tenu de faire l’identification de ses clients auprès de l’Arcep […] l’usage des services Starlink doit respecter strictement les dispositions légales et règlementaires en matière de sécurité nationale, protection des données personnelles et de l’environnement », peut-on lire.
Ainsi, le document exploité par EcoMatin indique que le fournisseur d’accès à internet contrôlé par l’américain Elon Musk, va devoir mettre en place une politique de conservation des données des utilisateurs (logs de connexions, adresses IP, trafic) pour une durée minimale de 24 mois. Les données collectées doivent être hébergées localement et accessibles aux autorités nationales en cas de besoin faute de quoi l’entreprise s’expose à des sanctions et amendes administratives pouvant aller de la suspension temporaire au retrait définitif de l’autorisation d’exploitation lorsque celle-ci représente une menace pour la sécurité nationale.
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Pour rappel, le Tchad fait partie des pays africains ayant les plus faibles couverture réseau, aux côtés du Niger, de la Somalie et de la Mauritanie selon le rapport 2024 de l'Union internationale des télécommunications (UIT). A fin 2024, le pays a enregistré un taux de couverture de 86,9% pour le réseau 2G, 84,5% pour la 3G et 60% pour la 4G.



