Vendredi 12 septembre 2025, Air France a accumulé les mauvais points sur sa liaison Paris-Yaoundé. Le vol AF954, censé décoller à 12h30 de l’aéroport Charles-de-Gaulle, n’a quitté la capitale française qu’à 17h37. Soit, après plus de 5 heures de retard. Seulement, les passagers n’étaient pas au bout de leur peine : 2 heures après avoir décollé, l’avion a dû faire demi-tour, pour finalement atterrir à Roissy peu avant 19h30, selon Flight Radar.
Les données de ce site spécialisé qui trace en temps réel les trajectoires aériennes, révèlent d’abord une légère inflexion, suivie de plusieurs boucles, avant une réorientation progressive. Une séquence qui traduit une décision prise par étapes, conforme aux standards de prudence appliqués sur un vol long-courrier. « Au final, les passagers auront à peine passé deux heures dans les airs avant de retrouver le tarmac de l’aéroport du nord-est francilien », souligne le média français Actu Paris.
Une réputation entachée
Ce retour en urgence, inexpliqué par la compagnie, a provoqué l’indignation des passagers et ravivé les critiques sur les conditions offertes par la compagnie française aux voyageurs à destination du Cameroun et plus largement aux autres pays de la CEMAC. Depuis plusieurs années, la réputation d’Air France dans la région est en effet entachée. L’an dernier, le président du Groupement des Entreprises du Cameroun (Gecam), Célestin Tawamba, avait dénoncé dans une lettre adressée au Directeur Général d’Air France Cameroun des « conditions déplorables » sur les vols à destination du pays.
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Selon lui, les prix des billets ont connu une hausse unilatérale depuis la période post-Covid-19, atteignant des niveaux prohibitifs sans qu’aucune amélioration du service ne soit constatée. Les pannes techniques fréquentes et la vétusté des appareils, soulignait-il alors, mettent en péril la sécurité des passagers et génèrent des préjudices significatifs pour les entreprises locales.
La qualité des services à bord, jugée en recul, a également été mise en cause, tout comme le confort des passagers et l’efficacité du personnel de bord. Face à ces critiques, Air France avait annoncé en mai 2024 l’introduction d’un Boeing 797 sur la desserte du Cameroun pour moderniser sa flotte et améliorer l’expérience client. Mais l’avion n’a été mis en service que six mois plus tard, accentuant la mauvaise perception que le monde des affaires camerounais a déjà de la compagnie. Et pourtant, malgré ces tensions et critiques locales, le transporteur français et le groupe auquel il appartient se porter bien financièrement.
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Au premier semestre 2025, Air France-KLM a transporté 49,1 millions de passagers, contre 41 millions au premier semestre 2024, soit une progression de 5,3 %. Mais le marché africain reflète un léger recul, avec 1 896 000 passagers transportés, contre 1 901 000 à la même période l’an dernier, soit une baisse de 0,3%. Le coefficient de remplissage sur les vols vers le continent s’élève à 84 %, contre 84,8 % en 2024, soulignant une légère érosion de la performance sur ce marché.
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