Le président camerounais Paul Biya a signé, le 24 juin 2025, un décret portant classement au domaine public artificiel de 252 hectares, 39 ares et 92 centiares dans la région de l’Est. Ces terrains, appartenant à des particuliers, sont désormais déclarés d’utilité publique pour la réalisation des travaux de construction d’une ligne de haute tension entre Bertoua-Abong-Mbang et Bertoua-Batouri. Concrètement, il s’agit de construire des infrastructures de transport d’électricité desservant trois départements de la région de l’Est, à savoir le Haut Nyong, le Lom et Djerem et la Kadey.
La superficie totale a été morcelée en sept parcelles comprises chacune entre 33 et 37 hectares. Selon le décret présidentiel, les personnes dont les biens sont mis en cause seront indemnisées conformément à la réglementation en vigueur. De plus, « le classement opéré vaut expropriation partielle des terrains objet des titres fonciers numéros 2029, 2020, du département de la Kadey et numéros 1273, 4828, 8555 du département du Lom et Djerem », précise le décret présidentiel.
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Le texte du chef de l’État ne fait pas mention des contours de la construction de la ligne haute tension susmentionnée, mais les chiffres disponibles peuvent permettre de supposer que la réalisation d’un tel projet devrait avoir un impact positif sur la réduction des disparités sur le taux d’accès à l’électricité entre les zones rurales et les zones urbaines. Selon le ministère de l’Eau et de l’Énergie, le taux d'accès à l’électricité est globalement de 74%. Or, les résultats de l'enquête camerounaise auprès des ménages (ECAM 5) récemment publiés par l’Institut national de la statistique (INS) révèlent un taux d’accès à l’électricité de 28,4% en milieu rural en 2022.
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Au cours d’une audience accordée à une délégation de la Banque mondiale le 17 mars dernier à Yaoundé, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a reconnu que « la production et le transport de l’électricité restent la priorité du Cameroun ». Pour le membre du gouvernement, « les poteaux en bois ont fait leur temps, nous devons migrer vers des infrastructures plus solides ». Pour inverser la tendance, le Cameroun est en négociation avec la Banque mondiale au sujet d’un nouveau programme multi-phases. Celui-ci entend améliorer l’accès à l’électricité fiable sur tout le territoire national et soutenir le redressement du secteur énergétique.
La rénovation des infrastructures de transport d’énergie à l’Est apparaît également importante dans la mesure où la région regorge plusieurs projets miniers sur lesquels le pays compte pour rehausser la contribution du secteur au PIB national, actuellement estimée à peine à 1%.
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