Au Cameroun, le projet d’automatisation des stations de pesage annoncé est dans les tiroirs depuis 13 ans. C’est à croire que la réunion tenue le 29 juillet 2024 à Yaoundé entre Emmanuel Nganou Djoumessi le ministre des Travaux publics et les différents chefs des stations, produira enfin l’effet escompté. En tout cas, en attendant cette solution, les intervenants à cette rencontre se sont une fois de plus enquis des difficultés qui plombent le fonctionnement de cette poche de revenus : contestations des transporteurs, problème d'approvisionnement en énergie électrique, insuffisance des équipements d'exploitation et de protection, etc.
L’une des résolutions du brainstorming est la production d’un plan de dématérialisation progressive de l’ensemble des opérations. L’entreprise adjudicataire n’est pas encore connue car l'appel à manifestation d'intérêt a été lancé en avril dernier. Les stations de Mbankomo et de Nkankanzock (les deux qui portent le trafic, Ndlr) sont choisies pour la phase pilote. L'opération consistera en la réhabilitation ou le réaménagement des infrastructures de génie civil notamment les plateformes de pesées automatiques, les bâtiments, les accès, les pistes et les espaces de délestage ainsi que l’élaboration de la nouvelle stratégie de gestion des stations de pesage. « Actuellement, on est obligé de faire peser tout le monde pour voir qui est en surcharge et qui ne l’est pas. C’est ça qui crée même souvent les mouvements d’humeur. Le ministre souhaite qu’au plus tard en avril 2025 que les premiers pesages faisant partie de la phase pilote soient déjà fonctionnels », apprend-t-on pour le moment.
Des pertes enregistrées
Il convient de souligner que le pesage routier génère environ 2 milliards de Fcfa par an au Trésor public. Toutefois, ce montant aurait été plus consistant s’il n’y avait pas de contact humain qui d’après, Jean Defossonkeng, président du Syndicat national des employés du secteur terrestre (Synester), favoriserait la corruption. « Le pesage routier est un lieu où on est appelé à s’assurer que les véhicules en chargement respectent le poids de sorte que ça n’affecte pas la route. La vocation de ce pesage est de protéger la route et de délester les véhicules du surpoids. Malheureusement, le pesage routier au Cameroun aujourd’hui, est plutôt une institution où on fait commerce et ça a comme conséquence la destruction du réseau routier », déplore-t-il.
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Pourtant, la charge maximale pour l’essieu simple est autorisée à 13 tonnes, 21 tonnes pour l'essieu tandem, 27 tonnes en ce qui concerne l’essieu tridem contre 50 tonnes quant au poids total avec tolérance d’une tonne pour chaque cas. L’amende est comprise entre 25 000 Fcfa et 75 000 Fcfa par tonne excédentaire.
Pour rappel, le projet d'automatisation n’est pas nouveau. En 2011, le ministère des Travaux publics a commandé l’étude au Bureau d’Etudes Engineering System. Ressuscité en 2016, il n’a pas évolué depuis huit ans. Pourtant, les chiffres disponibles cette année-là faisaient état de 88 065 véhicules en surcharge, 22 795 citernes en surcharge soit 89,4%. Le nombre de camions en surcharge en 2016 a largement augmenté comparé aux 54 769 enregistrés en 2009.










