Sous pression réglementaire au Cameroun, Yango choisit l’accélération plutôt que le repli. Selon des informations rapportées par Bloomberg, la plateforme de covoiturage prévoit d’investir au moins 150 millions de dollars en 2026 pour étendre son empreinte en Afrique. Déjà présente dans plus d’une douzaine de pays africains et active dans 35 pays au total, l’entreprise basée à Dubaï s’appuie sur un réseau d’environ un million de chauffeurs partenaires pour soutenir cette expansion, nourrit l’ambition de pénétrer dix nouveaux marchés.
L’investissement projeté s’inscrit dans une phase d’expansion soutenue, avec une croissance attendue de plus de 60% de ses activités en Afrique cette année. Le groupe mise sur une stratégie différente de celle de plusieurs concurrents, traditionnellement concentrés sur les grandes économies du continent. « Quand on investit en Afrique, on se concentre généralement sur les quatre principaux pays : le Nigeria, l’Égypte, l’Afrique du Sud et le Kenya », a déclaré Adeniyi Adebayo, directeur commercial du groupe Yango cité par Bloomberg. « Cela engendre une concentration de capitaux vers le même objectif sur tous ces marchés, et on assiste à une course effrénée vers le bas », a-t-il ajouté.
Stratégie
Plutôt que de cibler uniquement les hubs économiques majeurs, Yango affirme avoir construit son développement sur des villes secondaires et des marchés urbains moins disputés. Cette approche permettrait de réduire les coûts d’entrée et d’éviter une concurrence frontale basée sur les subventions massives, fréquentes dans le secteur du covoiturage en Afrique. Le groupe privilégie également un modèle d’intermédiation avec des transporteurs partenaires plutôt qu’un lien direct avec les chauffeurs, une structure qui réduit les charges commerciales initiales et facilite le déploiement rapide.
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Sur le plan opérationnel, l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale restent au cœur de la stratégie du groupe, mais de nouveaux relais de croissance émergent également dans le sud du continent. Yango cite notamment la Namibie, le Botswana et le Mozambique parmi les marchés à potentiel. Dans cette dynamique, l’entreprise prévoit également le déploiement de 1 000 véhicules électriques à Abidjan cette année, dans le cadre de sa transition progressive vers des solutions de mobilité plus durables, face à la pression des coûts du carburant qui peuvent représenter jusqu’à 25% du prix d’une course.
Cameroun
En Afrique, les défis restent néanmoins importants. La volatilité des devises, les restrictions réglementaires et les exigences de contenu local figurent parmi les principaux freins identifiés par un rapport de KPMG. Ces contraintes structurent un environnement complexe pour les plateformes de mobilité, malgré un potentiel de croissance encore jugé important dans les grandes villes secondaires du continent. Entre temps, au Cameroun, où la plateforme est présente depuis 2021, les relations avec les autorités se sont tendues. Le 15 mai 2026, le ministre des Transports, Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe, a sanctionné l’entreprise pour promotion du transport clandestin, assortie d’une mise en demeure de mise en conformité et d’une amende de 2,5 millions de FCFA. Six chauffeurs partenaires ont également été suspendus et sanctionnés financièrement.














