Le Cameroun s’est imposé au cours des 5 dernières années comme un important relai de croissance pour le groupe MTN en Afrique francophone. Le chiffre d’affaires de la filiale locale contrôlée à 80% par le géant sud-africain des télécoms a bondit de 60% à 437 milliards FCFA entre 2021 et 2025, soit l’une des croissances plus robustes sur le continent. Cette évolution soutenue lui a permis de passer devant MTN Côte d’Ivoire dans le classement des filiales dans la région francophone de l’Afrique.
Selon les données consolidées du groupe les revenus de la filiale ivoirienne ont légèrement reculé sur la période pour s’établir autour de 326 milliards de FCFA en 2025, contre plus de 332 milliards quatre ans plus tôt. Cette divergence s’observe également au niveau de la rentabilité opérationnelle. L’Ebitda de la franchise camerounaise a presque doublé pour atteindre environ 190 milliards FCFA, tandis que celui de l’ivoirienne est resté globalement stable autour de 117 milliards.
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Cette performance s’explique en partie par un environnement concurrentiel relativement plus favorable au Cameroun. Longtemps au coude-à-coude avec Orange, qui lui avait ravi la première place du marché en 2024, MTN affirme avoir depuis retrouvé son statut de leader, revendiquant une part de marché d’environ 54 %, en 2025. Cette position dominante lui permet de consolider ses marges dans un marché qui ne compte que trois acteurs, dont l’opérateur public Camtel, dont la part reste marginale (moins de 3 %).
De son côté, la structure du marché télécoms ivoirien reste plus compétitive qu’au Cameroun. Le pays compte trois grands opérateurs mobiles se partageant un marché où pénétration du mobile avoisine 140% de la population (contre 80% pour le Cameroun). Une concurrence qui limite mécaniquement la capacité de MTN à accroître rapidement ses parts de marché et ses marges.
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Cette concurrence est particulièrement visible sur le segment des services financiers mobiles. L’arrivée de nouveaux acteurs spécialisés, à l’instar de la fintech Wave, dont le modèle tarifaire agressif a profondément rebattu les cartes du mobile money, a contribué à ralentir la progression des opérateurs télécoms traditionnels. Alors que les revenus issus de ces services ont plus que doublé au Cameroun, passant d’environ 1,1 milliard de rands à 2,56 milliards de rands, ils ont connu un net ralentissement en Côte d’Ivoire, où ils sont tombés à 826 millions de rands en 2025, contre 1,13 milliard en 2021. Sur le nombre d’abonnés actifs de ce service, le Cameroun est passé de 4 à plus de 6 millions d’utilisateurs tandis que la Côte d’Ivoire a perdu environ deux millions d’utilisateurs sur la même période pour culminer à 4,86 millions au 31 décembre 2025.
De son côté, l’activité de MTN Cameroon n’a pas été un long fleuve tranquille. L’opérateur a notamment été fragilisé par la crise sécuritaire dans les régions anglophones du pays, considérés comme l’un de ses principaux bastions. En outre, les comptes de l’entreprise sont saisies depuis 2022 par la justice dans le cadre d’un litige judiciaire opposant l'homme d'affaires camerounais Baba Ahmadou Danpullo à la First National Bank (FNB) d'Afrique du Sud Malgré ce contexte, MTN a renforcé ses investissements dans le pays d’Afrique centrale. Ceux-ci ont presque triplé sur la période pour accompagner l’essor des usages data et la modernisation des infrastructures réseau.
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