Le collectif budgétaire au Cameroun prévoit désormais la masse salariale à 1 490,5 milliards de Fcfa au cours de l’exercice 2024. Selon les chiffres contenus dans l'ordonnance du chef de l’Etat rendu public le 20 juin 2024, les charges du personnel sont en hausse de 59,5 milliards de Fcfa (+4,2%) par rapport aux 1 431 milliards de Fcfa prévus dans la loi de finances initiale.
En effet, il fallait s’attendre à ce réajustement compte tenu de la revalorisation des salaires intervenue après la hausse des prix des produits pétroliers le 3 février 2023. Pour atténuer les effets de l’augmentation des prix à la pompe, Paul Biya a entériné le 21 février dernier, une hausse de 5 % sur le salaire de base des agents de la fonction publique. Bien plus, les allocations familiales ont été revues à 4 500 Fcfa soit un bond de 1 700 Fcfa (+61%) que devra désormais supporter le Trésor public.
Ces deux mesures d’accompagnement des fonctionnaires face à la vie chère induite par l’augmentation des prix du transport, ont sans doute eu une incidence sur les charges du personnel de l’Etat. Selon un document annexé à la loi de finance, les effectifs se situeraient à 411 749 fonctionnaires à fin décembre 2024. Si le gouvernement n’avait pas d'autre alternative que de réviser ses chiffres initiaux, il reste tout de même que le ratio de soutenabilité de la masse salariale (rapport entre les salaires et les recettes fiscales, Ndlr) fixé à 35% au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) pourrait encore ne pas être respecté.
Dans la loi de finance rectificative, les recettes fiscales sont désormais projetées à 4 203 milliards de Fcfa. Bien qu’elles soient en progression de 34,9 milliards de Fcfa comparés aux 4 168,1 milliards de Fcfa dans la loi de finances initiale, le seuil de soutenabilité de la Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, RCA, Guinée équatoriale et Tchad) devrait s'établir à 35,45% après 36,6% en 2023 selon le Rapport sur l’économie camerounaise en 2023 ressé par le ministère de l’Economie, de la Planification et de l’aménagement du territoire (Minépat).
Pour rappel, le réajustement des salaires est attribué à la rubrique traitement brut du personnel sous statut particulier de la fonction publique dont l’enveloppe, initialement programmée à 1 360,1 milliards de Fcfa a bondi pour s’établir à 1 419,6 milliards de Fcfa. Par contre, le traitement brut du personnel à solde global reste fixé à 5,2 milliards de Fcfa. De plus, les prévisions sur les primes, les gratifications et autres indemnités hors solde demeurent à 86,7 millions de Fcfa. La rémunération du personnel hors solde et les autres dépenses y relatives n’ont pas subi de réajustements. Ils sont respectivement prévus à 16,9 milliards de Fcfa et 48,5 milliards de Fcfa.










