Au Cameroun, l'euphorie du café a définitivement tenu plus longtemps que celle du cacao. Vingt mois déjà que le café arabica camerounais tutoie les sommets en termes de prix à l'export, selon les données compilées par l'Office national du cacao et du café (ONCC). Au 31 août 2026, le prix à l'exportation des graines de café arabica a atteint 4 151 FCFA le kilogramme, en hausse de 17 % en glissement mensuel. Cette performance signe une croissance continue du prix du café, la filière se maintenant à un niveau supérieur à 4 000 FCFA/kg depuis le début de la campagne caféière 2024/2025 (où le prix de référence du café arabica était de 3 103 FCFA/kg).
Une progression qui favoriserait la poursuite de la hausse des objectifs de recettes à l'approche de la fin de la campagne 2025/2026, après le bond considérable de 38 % enregistré lors de la saison précédente 2024/2025, à environ 36,5 milliards de FCFA.
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Cependant, le succès du café camerounais contraste nettement avec le marché mondial. Selon le benchmark du café suivi par l'Organisation internationale du café (OIC), la progression du cours mondial est nettement moins marquée : il affichait une moyenne de 314 $ la livre (une livre équivalant à 450 grammes) au 31 août, contre environ 297 $ fin juin, soit une hausse de 5,4 %. Le cours mondial a ainsi progressé trois fois moins vite que le prix de l'arabica camerounais sur la période, avec des creux notables en mars (-7,3 %) et mai (-3,1 %). Sur un an, le prix affiche une baisse de 21,12 % par rapport aux 398,07 $ pratiqués durant l'été 2025.
Le café camerounais suit sa propre dynamique
Selon l'Organisation internationale du café (OIC), la conjoncture actuelle sur le marché du café est très peu favorable pour les grands exportateurs comme le Brésil, l'Ouganda ou encore l'Éthiopie, ainsi que pour les plus petits (dont fait partie le Cameroun), causée principalement par une hausse significative des productions brésiliennes (premier producteur mondial de café), à 66,2 millions de sacs (+17,2 %). « Cette perspective d'abondance, couplée à des inquiétudes météorologiques qui ont fait émerger des craintes sur la qualité des grains, pèse mécaniquement sur les cours à terme et contribuait au recul des prix », peut-on lire dans la revue du marché de l'OIC publiée en mai dernier.
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Pourtant, les enchères aux ports camerounais reflètent un environnement avec des rémunérations profitables. À la différence du cacao, la valorisation du café camerounais ne dépend pas exclusivement des spéculations du marché international, mais prend également en compte la qualité et la disponibilité des lots camerounais, ainsi que la demande des acheteurs, constitués principalement de l'Italie, de l'Algérie et de la Belgique (ONCC, 2025). Cette spécificité permet au prix camerounais de connaître une trajectoire différente de celle du benchmark financier international.
« Le FOB camerounais correspond à un prix de café effectivement disponible à l'export. Il progresse plus vite que la moyenne car il intègre également le différentiel propre à l'origine camerounaise, la qualité des lots et les conditions d'approvisionnement au-delà des spéculations des marchés », explique l'Office national du cacao et du café.
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Le différentiel est d'autant plus visible que l'arabica camerounais reste un produit de niche. Les volumes disponibles sont sans commune mesure avec ceux des grands producteurs mondiaux. Au cours de la campagne 2024/2025, le Cameroun n'a produit et commercialisé que 1 260 tonnes (soit environ 21 000 sacs d'arabica), contre 8,36 millions de sacs en Éthiopie. « Dans un contexte où les acheteurs cherchent à sécuriser leurs approvisionnements et où la disponibilité de certains cafés de qualité est limitée, la concurrence pour les lots disponibles peut soutenir davantage les prix à l'origine », poursuit-on à l'ONCC.
À noter que, de son côté, le café robusta poursuit également une courbe ascendante, avec un prix bord-champ atteignant 1 700 FCFA le kilogramme au 31 août 2026, contre 1 300 FCFA un an plus tôt. À l'export, ce type de café s'échange pour 1 869 FCFA/kg, en léger repli par rapport aux 2 025 FCFA pratiqués à la fin de la campagne 2024/2025.
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