Au Cameroun, 28 sociétés immobilières ont écopé d'une suspension temporaire à fin août 2026. Dans un communiqué publié le 25 août, le ministère de l'Habitat et du Développement urbain (Minhdu) évoque, en cause, des défauts de renouvellement des cartes professionnelles. Cette suspension, annoncée pour une durée de trois mois, s'inscrit elle-même dans le cadre de l'opération d'assainissement du Fichier des agents immobiliers, prévue par la loi de finances 2024 et engagée pour « moraliser le secteur et éliminer les acteurs illégaux ».
LIRE AUSSI : Cameroun : pourquoi le patrimoine immobilier de l'État échappe aux compagnies d'assurance
La cartographie des structures défaillantes fait état de cinq régions touchées sur dix, avec une forte concentration sur les deux capitales politique et économique du pays. Le Centre arrive largement en tête avec 12 sociétés épinglées établies à Yaoundé, parmi lesquelles Cieca Consulting Ltd, Laina Immobilier, ou encore l'Établissement de Gestion Immobilière (EGI-FAL). Le Littoral suit de près avec 10 entités suspendues à Douala, à l'instar d'Africa Kom's & Industry Co. Ltd et de La Maison de l'Immobilier et de la Communication (« La MIC SARL »). La région de l'Ouest compte trois agences sanctionnées (ETS Nguekap et SCI Immobilière Alpha à Bafoussam, puis SCI CDIM Sarl à Dschang), le Sud-Ouest enregistre deux structures (First Group Holding Company à Limbe et Sogesim à Buea), tandis que le Nord-Ouest ferme la marche avec une seule entreprise, Landlord Miju Sarl, basée à Bamenda.
LIRE AUSSI : Pour Christian Din Dika, l'immobilier africain est un « puissant » moteur des marchés financiers
Ces sociétés sont censées exercer leur activité sous couvert d’une carte professionnelle en cours de validité. Or, selon le Minhdu, les titres des 28 structures concernées sont arrivés à expiration entre 2010 et 2023, certaines n’ayant donc pas régularisé leur situation depuis plus d’une décennie. La loi de finances 2024 fixe désormais à 1 million de FCFA les frais de renouvellement de cette carte. Pour le ministère, une société qui exerce sans titre valide se retrouve dans la même situation que les intermédiaires informels du secteur : « Une société sans carte valide est assimilée aux démarcheurs clandestins (“coxers”) ».
LIRE AUSSI : Secteur immobilier : le gouvernement va instituer un taux pour l’obtention ou le renouvellement de l‘agrément
Les dirigeants des entités, personnes physiques ou morales, incriminées sont sommés de se rapprocher de la Direction de l'habitat social et de la promotion immobilière (DHSPI), afin de récupérer formellement les notifications de suspension les concernant. Au-delà du retrait de l'acte de sanction, ces derniers devront soumettre, idéalement avant fin novembre, le dossier de demande de renouvellement dûment constitué auprès des services compétents. « Passé ce délai, les agences indexées seront purement et simplement radiées du Fichier des agents immobiliers, conformément à la réglementation en vigueur », avise le gouvernement.













