Le 6 mai dernier, le ministère de la Santé publique du Cameroun (Minsanté) et l’opérateur télécoms national CAMTEL ont signé un accord-cadre de cinq ans visant à interconnecter les hôpitaux et établissements de santé. Le projet dont le coût est estimé à 11,32 milliards FCFA s’inscrit dans le cadre du Plan Stratégique National de Santé Numérique 2020-2024, qui prévoit la création d’un réseau sanitaire national sécurisé et interconnecté.
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« Ce plan, officiellement lancé ce jour, reflète les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en matière de cybersanté, notamment l’intégration d’une télémédecine au Cameroun. Ceci dans le but de transformer durablement le système de santé camerounais en exploitant les potentialités du numérique », peut-on lire dans le compte-rendu de cet événement publié sur le site du Minsanté
La télémédecine, puis-qu’il s’agit d’elle consiste à utiliser les technologies numériques, notamment Internet, la vidéoconférence ou les applications mobiles, pour prodiguer des soins médicaux à distance (consultations, diagnostics). Permettant ainsi de réduire les déplacements inutiles des patients ce qui diminue les coûts.
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Ainsi, pour la réalisation de ce projet, CAMTEL fournira aux établissements de santé « une connectivité Internet sécurisée et redondante, des interconnexions haut débit, ainsi que des solutions avancées de sécurité des données, incluant l’accès à des services de centres de données (data centers) ». Ces infrastructures permettront notamment l’implémentation des dossiers médicaux électroniques, la supervision à distance des services déployés, et l’utilisation opérationnelle d’outils de télémédecine.
S'il est mis en œuvre, ce projet marquera une avancée majeure dans la numérisation du système sanitaire camerounais. À ce jour, peu d’établissements sanitaires privés ont digitalisé leurs opérations. Selon une enquête menée en 2023 par l’Observatoire national de la transformation numérique de la santé (ONTNS), seulement 18 % des établissements privés au Cameroun disposaient de systèmes informatisés pour la gestion des dossiers médicaux.
Qualité du réseau médiocre
Cependant, pour que ce projet ambitieux connaisse un succès opérationnel, il devra impérativement tenir compte du déficit criant de connectivité dans certaines régions du pays. En effet, le réseau national de fibre optique, géré par CAMTEL, souffre d’un manque chronique de maintenance, ce qui affecte la qualité et la continuité des services Internet dans plusieurs localités. Selon une étude récente de l’Agence de Régulation des Télécommunications (ART), environ 30 % des sites stratégiques à travers le pays connaissent des interruptions de service supérieures à 72 heures en cas de rupture de fibre, faute d’interventions rapides. Faisant perdre plus d’un demi milliards par Jour au Cameroun, d’après des experts.



