En l'espace de 18 mois, le Cameroun a mobilisé 200 milliards de FCFA supplémentaires dans le cadre du Programme spécial de reconstruction et de développement de la région de l'Extrême-Nord (Psrdren). « Les financements mobilisés en faveur de la mise en œuvre du Plan présidentiel sont, par ailleurs, passés de plus de 600 milliards FCFA lors de la première session à près de 800 milliards de FCFA à ce jour (en quatre ans, NDLR) », lit-on dans le communiqué.
Les ressources mobilisées augmentent ainsi de 33,3 % par rapport à la première session, tenue en février 2025, et représentent désormais environ 44 % du budget prévisionnel de la reconstruction de la région, estimé à 1 822 milliards de FCFA. Ces fonds ont notamment été mobilisés auprès de la Banque africaine de développement (BAD), de la Banque islamique de développement (BID) et de la Banque mondiale.
Parmi les projets financés, le ministère de l'Économie revendique entre autres : le Projet d'amélioration de la connectivité, de la résilience et de l'inclusion le long du corridor Mora-Dabanga-Kousseri (236 milliards de FCFA) ; le Projet d'aménagement territorial et de promotion du secteur privé de la région de l'Extrême-Nord (157 milliards de FCFA) ; le Programme de développement du capital humain, pour bâtir les capacités et les compétences en matière d'employabilité et d'entrepreneuriat dans la région de l'Extrême-Nord (89,2 milliards de FCFA) ; ainsi que le Projet d'appui à la compétitivité des filières agro-industrielles régionales (2,5 milliards de FCFA).
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Le gouvernement doit encore mobiliser 1 022 milliards de FCFA pour la réalisation du Psrdren, qui est structuré en quatre composantes, à savoir : la reconstruction, le développement des infrastructures, l'appui aux activités socio-économiques et l'adaptation aux changements climatiques, ainsi que la gouvernance. Ce financement sera injecté dans les projets en maturation, tels que le projet de Développement de l'Irrigation Durable et des Chaînes de Valeur Agricoles (26,6 milliards de FCFA), qui inclut la réalisation de forages solaires, l'aménagement de périmètres irrigués et le développement d'infrastructures de gestion durable de l'eau, etc.
Défis socio-économiques
Pour mémoire, ce Programme a été créé le 24 mai 2022 par décret du Premier ministre Joseph Dion Ngute. Ses principales missions sont : assurer la reconstruction des infrastructures détruites par Boko Haram depuis 2014 (groupe terroriste, NDLR) et achever les chantiers abandonnés ; développer les infrastructures pour assurer la relance des activités socioéconomiques ; accompagner les populations pour le développement de leurs activités socioéconomiques ; et renforcer la résilience aux changements climatiques.
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Soulignons que la région de l'Extrême-Nord reste empreinte de nombreuses difficultés en matière d'infrastructures routières. Au 10 mars 2023, cette région totalisait 22 016,66 km de routes (dont 21 432,75 km de linéaire en terre), réparties entre 19 534,56 km de routes communales, 1 912,48 km de routes régionales et 579,62 km de routes nationales. Or, seuls 593,91 km de routes, soit un taux de 2,70 %, étaient bitumés à cette date. Cette piètre performance est notamment attribuable aux routes communales, dont seuls 16,20 km étaient bitumés (0,08 %), et aux routes régionales, avec 107,36 km bitumés (5,61 %) - contre 470,35 km de routes nationales bitumées, soit une proportion nettement supérieure de 81,15 %.
Par ailleurs, avec 7,2 % du territoire national, l'Extrême-Nord n'est pas mieux loti en termes de PME. La région comptait, selon l'annuaire statistique des PME, 16 999 PME en 2025, soit seulement 3,6 % de l'effectif national — juste devant l'Adamaoua, le Sud et le Nord, qui totalisent chacun 3,2 % de l'effectif global, ainsi que le Nord-Ouest (2,6 %).
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