Au Cameroun, le Plan Triennal Spécial Jeunes (PTS-Jeunes) lancé par le chef de l'Etat Paul Biya le 10 février 2016 se poursuit au-delà du triennat originel (2016-2019). Neuf ans après sa mise en œuvre, l'initiative gouvernementale pilotée par le ministère de la Jeunesse et de l'Education civique (Minjec), peine à atteindre ses objectifs. C'est en tous cas, ce qu'a laissé entendre implicitement le ministre Mounouna Foutsou, invité à la télévision nationale le 9 février 2025.
Selon le membre du gouvernement, plus de 50% des projets pâtissent du déficit de financement. La raison évoquée est la crise sécuritaire dans les régions de l'Extrême-Nord (depuis 2014) à laquelle est venue s'ajouter celledu Nord-Ouest et Sud-Ouest fin 2016. « Le chef de l'Etat a prescrit le Plan Triennal au gouvernement en 2016 pour véritablement réduire la vulnérabilité des jeunes et il a dit : facilitez et accélérez l'insertion socio-économique des jeunes. Malheureusement, ce qui est arrivé à fin 2016, les crises sécuritaires des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont venues s'ajouter à la crise de Boko Haram dans l'Extrême-Nord. Conséquence, il fallait mobiliser des ressources pour aller éteindre le feu parfois allumé (et même la plupart) par les jeunes. Donc, les jeunes sont à la fois acteurs et victimes et c'est pourquoi ils le regrettent aujourd'hui… Si la paix est restaurée, on pourrait davantage mobiliser de ressources », a-t-il soutenu.
Mounouna Foutsou précise par ailleurs que « le chef de l'Etat a prescrit un plan triennal [mais] malheureusement, on était obligés de le glisser pour pouvoir remplir les préoccupations de 1 million150 000 jeunes qui sont inscrits aujourd'hui à la plateforme de l'Observatoire national de la jeunesse et donc 53% à peu près, cherchent des financements ». Le 10 février 2023, veille de la 57e édition de la Fête de la Jeunesse au Cameroun, le président de la République faisait savoir que ce mécanisme avait déjà permis de financer plus de 11 000 projets en faveur des jeunes et généré plus de 35 000 emplois directs pour un coût global de 20 milliards de Fcfa (19,6%).
L'objectif initial était d'appuyer financièrement environ 1,5 million de jeunes au Cameroun à raison de 500 000 jeunes par an sur les trois années pour une enveloppe de 102 milliards de Fcfa. La finalité du projet est de faciliter et accélérer l'insertion socio-économique des jeunes camerounais. Ce qui passe par le financement des entreprises à des projets que le plan implique. La finalité étant de favoriser l’auto emploi et réduire ainsi le taux de chômage.
Lire aussi: Emplois-jeunes : bilan d’une décennie au Cameroun
Par contre, dans son dernier rapport d'analyse du secteur de l'éducation et de la formation au Cameroun, l'institution publique des statistiques révèle que le taux de chômage chez les jeunes camerounais âgés entre 25 et 35 ans et titulaires d'un diplôme de l'enseignement supérieur, est de 14,8% soit cinq fois celui des non-scolarisés de la même tranche d'âge, évalué à 3%. Chez ceux dont le niveau d'instruction s'est arrêté au primaire, ce taux est de 4,2% contre 7,2% pour le premier cycle de l'enseignement secondaire et 10,2% pour ceux du second cycle.












