Malgré une hausse de 66 % de son budget, le Programme d'opportunités stratégiques pour le pays (COSOP) du Fonds international de développement agricole (FIDA) n'a atteint que 73 % de ses objectifs techniques et opérationnels au Cameroun. Présenté le 16 juillet au gouvernement, ce bilan met en évidence un décalage entre l'ampleur des financements mobilisés et les résultats obtenus sur le terrain. Initialement doté de 243 millions de dollars pour la période 2019-2024, le COSOP a finalement mobilisé 366,9 millions de dollars (environ 211 milliards FCFA) après sa prorogation jusqu'en mai 2026. Cette hausse s'explique par l'intégration de nouveaux axes d'intervention, notamment l'économie verte et la résilience climatique, financés avec l'appui de partenaires internationaux.
Un taux de réalisation limité à 73 %
« Nous avons réussi à rallier nos partenaires (Fonds d'adaptation, Initiative pour les forêts du Bassin du Congo, etc.) à la cause de la résilience des communautés et de l'agriculture durable, tout en diversifiant nos instruments de financement. Cela explique le dépassement des engagements financiers par rapport aux prévisions, malgré un recul du taux de réalisation des objectifs », explique le Conseiller technique en charge du programme lors de la rencontre.
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En revanche, si les financements ont dépassé les prévisions, les résultats techniques et opérationnels n'ont pas suivi la même dynamique. Sur ce segment, le taux global de réalisation s'établit à 73 %, malgré une prolongation de deux ans du programme. Sur le terrain, cela se traduit notamment par l'aménagement de 649 hectares hydro-agricoles, contre 1 600 hectares prévus, et par la création de 11 928 emplois, contre un objectif initial de 17 000. Les volumes de production des principales cultures ciblées sont également restés en deçà des objectifs. La production de riz paddy a atteint 52 996 tonnes, contre une cible de 74 750 tonnes, tandis que celle des bulbes d'oignons s'est établie à 45 000 tonnes, contre un objectif de 85 562 tonnes. De même, moins de la moitié des infrastructures de commercialisation prévues ont été réalisées : 17 installations, offrant une capacité de stockage de 4 500 tonnes, ont été construites, contre 35 initialement programmées.
Des acquis qui tempèrent le bilan
« Le décalage entre les objectifs et les réalisations s'explique par la lourdeur des procédures de conception des projets, qui a retardé leur lancement effectif, la faible implication du secteur privé local ainsi que l'insuffisance de profils spécialisés dans des domaines tels que la nutrition, l'environnement, la finance rurale, les mécanismes de gestion des plaintes ou encore le genre. Ces facteurs ont ralenti l'atteinte des objectifs de développement du programme, pourtant alignés sur les stratégies nationales », ont déploré les responsables du FIDA.
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Plusieurs indicateurs affichent toutefois des performances supérieures aux objectifs. Le programme a permis la réhabilitation de 40 km de pistes agricoles, contre un objectif de 10 km, la formation de 9 084 personnes, dont 42,7 % de femmes, ainsi que la formalisation de 139 coopératives des filières riz et oignon regroupant 10 505 producteurs. Par ailleurs, 5 169 hectares de forêts communautaires ont été délimités et 134 421 plants ont été mis en terre afin de restaurer les terres dégradées dans les zones de Waza et de la Bénoué. Le projet aquacole a, pour sa part, permis de réhabiliter le plateau technique de trois stations situées dans les régions du Centre, du Littoral et du Sud, portant leur capacité de production à un million d'alevins de différentes espèces.
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Dédié au développement des secteurs agricole et agropastoral, le COSOP visait à mettre en place des systèmes intégrés reliant financement, infrastructures et marchés afin de favoriser une prospérité rurale durable. « Le COSOP a contribué à améliorer durablement les revenus ainsi que la sécurité alimentaire et nutritionnelle de plus de 200 000 ménages agricoles, en particulier des femmes et des jeunes, dans sept des dix régions du Cameroun », a déclaré le représentant d'Eric Rwabidadi, directeur pays du FIDA pour la République centrafricaine et la Guinée équatoriale.











