L’Institut national de la statistique (INS) a rendu publique, le 1er avril 2026, sa note de conjoncture sur le commerce extérieur du Cameroun pour l’exercice 2025. Selon le document consulté par EcoMatin, les importations de poisson ont franchi la barre des 230,8 milliards FCFA au 31 décembre 2025. Cette performance marque une progression fulgurante de 38 % par rapport aux 167,3 milliards FCFA enregistrés en 2024. Cette envolée financière s'accompagne d'une augmentation significative des volumes. En un an, le pays est passé de 207 092 tonnes à 267 259 tonnes de poisson importé, soit une hausse de plus de 60 000 tonnes.
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Si l’INS n’étaille pas précisément les causes de ce bond, les indicateurs du premier semestre 2025 laissaient déjà présager une telle tendance. Les données du ministère des Finances (Minfi) révélaient déjà une hausse de 45,5 % de la valeur des importations à fin juin. Cette dynamique s’explique principalement par un effet de volume (+27,3%), dicté par une demande intérieure en constante augmentation. Avec des besoins de consommation estimés entre 480 000 et 500 000 tonnes par an, le Cameroun reste contraint de recourir massivement au marché international pour combler un vide que la production locale peine encore à satisfaire.
Une dépendance structurelle
Sur le terrain de la production nationale, les chiffres du ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales (Minepia) montrent pourtant des signaux encourageants. À fin septembre 2025, l'offre locale s’établissait à 197 842 tonnes, en croissance de 5 % sur un an. Dans le détail, la pêche de capture demeure le pilier du secteur avec 184 656 tonnes. Toutefois, c’est l’aquaculture qui affiche le dynamisme le plus marqué avec un bond de 22%, atteignant 13 186 tonnes. Des avancées notables, certes, mais encore trop modestes pour inverser une dépendance historique. Sur les cinq dernières années, la facture cumulée des importations dépasse les 760 milliards FCFA pour plus d'un million de tonnes de poisson acheté à l'extérieur.
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Pour briser ce cycle, les pouvoirs publics misent sur la politique d’import-substitution. Le Minepia multipliant les initiatives à cet effet : distribution d’équipements modernes, développement de fermes piscicoles (cages flottantes, bacs hors sol) et amélioration de la chaîne de conservation par la construction de marchés dédiés.













