Le gouvernement prépare l'application d'une nouvelle disposition en matière de fiscalité automobile au Cameroun. Selon le projet de loi de finances 2026 déposé au Parlement le 26 novembre en soirée, chaque visite technique effectuée à partir du 1ᵉʳ janvier 2026 sera assortie d'une taxe fixe de 3 000 Fcfa par véhicule. Cette mesure vient compléter les tarifs déjà pratiqués par les centres agréés, révisés pour la dernière fois en 2022, et s'inscrit dans la stratégie de mobilisation accumulée des recettes internes. Le texte précise que les véhicules de transport public ne seront pas soumis à cette taxe et que les catégories exactes concernées (taxis, bus de ligne, transports scolaires…) seront déterminées par un arrêté du ministre des Transports. Il s'agit a priori, pour les autorités, de prévenir une nouvelle flambée des prix des transports, après la hausse cumulée des coûts des carburants à la pompe de 40% intervenue entre 2022 et 2023.
L'introduction de cette taxe intervient dans un contexte où les dernières données disponibles sur le parc automobile camerounais sont caduques. L'Institut national de la statistique (INS) estime à environ 1,27 millions le nombre de véhicules en circulation, mais ce chiffre date de 2018. Mais, ce chiffre traduit le potentiel fiscal énorme du secteur et permet de projeter que cette taxe uniforme de 3000 Fcfa devrait générer plus plusieurs milliards de Fcfa par cycle complet de visites techniques. Parallèlement, les tarifs actuels des visites techniques, en vigueur depuis 2022, sont déjà différenciés selon les catégories de véhicules. Les voitures de tourisme payaient 17 900 Fcfa pour un contrôle valable 12 mois. Les taxis et auto-écoles, soumis à une fréquence plus élevée, s'acquittent de 4900 Fcfa avec une validité trimestrielle. Les utilitaires légers et pick-up de moins de 3,5 tonnes étaient payés quant à eux 15 500 Fcfa pour 6 mois.
Cet ajout d'une taxe fixe de 3 000 Fcfa va inéluctablement renchérir chaque opération, à un moment où le coût d'usage du véhicule augmente déjà sous l'effet de la hausse des carburants comme indiqué supra, des pièces détachées et de la maintenance générale. La mesure qui constitue une charge supplémentaire touchant un service obligatoire, fait redouter une aggravation des visites techniques frauduleuses, pourtant visées par les opérations de normalisation lancées depuis plusieurs années dans les centres de visite technique. Pour l'État, en tout cas, ca répond plutôt à un double impératif : accroître les recettes internes dans un contexte budgétaire tendu et améliorer la sécurité routière.
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