Les échanges commerciaux entre la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC) et la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) ont enregistré un repli de 20 % au cours de l'exercice 2024.
Ces chiffres ont été dévoilés le 29 juillet à Yaoundé par le Centre d'analyse et de recherche sur les politiques économiques et sociales (Camercap-Parc), lors d'un atelier de restitution de l'étude intitulée « Analyse des capacités et déterminants des échanges intracommunautaires au sein de la CEEAC et intercommunautaires entre la CEEAC et la CEDEAO, dans le cadre de la ZLECAf ». Conduits dans le cadre du projet Cadast, ces travaux bénéficient du soutien financier de la Banque africaine de développement (BAD) et de l'appui technique de la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique (ACBF).
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Dans le détail, les exportations de la CEEAC vers la CEDEAO ont accusé une baisse de près de 20 %, passant de 884,6 millions de dollars en 2023 à 711,7 millions de dollars en 2024. Dans le sens inverse, les importations de la CEEAC en provenance de la CEDEAO ont suivi la même trajectoire régressive (-19 %), s'établissant à 1,5 milliard de dollars en 2024 contre 1,86 milliard un an auparavant. L'analyse sectorielle met en évidence la vulnérabilité de l'Afrique centrale face aux chocs d'offre et de demande. Sur les 711,7 millions de dollars exportés par la CEEAC vers la CEDEAO en 2024, le secteur de l'énergie (pétrole, gaz, électricité) représente à lui seul 507,8 millions de dollars, soit plus de 71 % du total des ventes. Ce poste est par ailleurs le seul à afficher une dynamique positive, en hausse de 27 % par rapport à 2023.
À l'inverse, les exportations de la CEEAC vers l'Afrique de l'Ouest se sont effondrées, notamment dans les domaines du transport et de la logistique (-60 %), de la chimie, pharmacie et plastiques (-74 %), ainsi que des métaux et de la métallurgie, qui connaissent un repli de 76 %. Du côté des importations de la CEEAC en provenance de la CEDEAO, bien que l'énergie reste prédominante avec des achats de 910,1 millions de dollars en 2024, le panier d'achat se montre plus diversifié, avec des flux significatifs en transport et logistique (255,2 millions de dollars, en hausse de 198 %), en agroalimentaire (72,4 millions de dollars) et en équipements électriques (71 millions de dollars, en hausse de 95 %).
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Pour que la ZLECAf produise ses effets accélérateurs d'intégration, les experts du Camercap-Parc précisent que plusieurs obstacles identifiés par l'étude devront être surmontés, tels que les barrières non tarifaires (BNT), les chevauchements institutionnels, la multiplicité des adhésions aux communautés économiques régionales (CER) telles que la SADC, le COMESA ou la CEEAC, ainsi que les tracasseries routières.
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