Comme en 2023, le Cameroun se maintient en 2024 en tête des pays de la Cemac (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad) où l’usage du cash est le plus élevé. Selon le rapport 2024 de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac), les agents économiques du pays ont retiré en espèces un total de 10 110, 54 milliards FCFA, soit plus de 58 % du volume global enregistré dans la sous-région sur la période sous revue.
Le Cameroun devance largement les autres pays. Le Gabon arrive en deuxième position avec 1 689 milliards FCFA retirés, suivi du Tchad (1 651,8 milliards FCFA). Le Congo se classe quatrième, devant la Guinée équatoriale. La Centrafrique ferme le classement avec 148 milliards FCFA.
Pour expliquer cette situation, la banque centrale souligne que les retraits d’espèces s’effectuent principalement selon deux modalités : les retraits manuels au guichet des banques et établissements de microfinance, et les retraits automatisés via les guichets automatiques de banque (GAB).
Malgré les efforts engagés pour promouvoir les paiements électroniques, le recours au numéraire reste dominant dans la sous-région. « Cette tendance confirme que l’usage du cash n’est pas en recul et souligne la nécessité de renforcer les actions d’inclusion financière et de sensibilisation aux moyens de paiement électroniques », indique la Beac.
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Cette forte utilisation du cash suscite des préoccupations au niveau international. Des institutions comme le Groupe d’action financière (GAFI) estiment que les transactions en espèces favorisent les activités illicites, notamment le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Le 23 juin 2023, le Cameroun a ainsi été inscrit sur la liste grise du GAFI, aux côtés de la Croatie et du Vietnam, en raison de « déficiences stratégiques » dans son dispositif de lutte contre ces pratiques.
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Pour y remédier, le président de la République, Paul Biya, a signé le 30 octobre 2023 un décret portant création d’un comité national chargé de coordonner les politiques de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive. Placé sous l’autorité du ministère des Finances, cet organe a pour mission de renforcer la réponse institutionnelle face à ces risques.









