Le regain du pétrole ne suffit pas à enrayer la baisse des prix des produits de base dans la CEMAC. Selon la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), l’indice global des prix des produits exportés par la sous-région a reculé de 4,7 % au troisième trimestre 2025, sous l’effet de la chute des produits agricoles et non énergétiques.
D’après le rapport trimestriel de la BEAC, les cours des produits énergétiques se sont accrus de 1,3 %, portés par la reprise du pétrole. Le baril s’est établi à 67,5 dollars, contre 65,9 dollars au trimestre précédent (+2,3 %). Cette progression tient à une demande mondiale mieux orientée et à l’intégration d’une prime de risque géopolitique élevée, liée aux tensions persistantes au Moyen-Orient. Ces facteurs ont temporairement compensé les craintes de surabondance de l’offre et le ralentissement de la croissance mondiale.
Lire aussi : Blanchiment d’argent : le Cameroun déroule son plan pour sortir de la liste « grise » du Gafi en 2026
Mais la dynamique haussière du pétrole n’a pas suffi à compenser la baisse des produits non énergétiques, dont les prix ont chuté de 8 % après une baisse de 5,7 % au trimestre précédent. Les produits agricoles ont été les plus touchés (-10,3 %), pénalisés par la détente des marchés du cacao (-13,9 %), du café (-8,9 %), du riz (-7,4 %) et du tabac (-6,7 %). À l’inverse, quelques produits affichent une progression, notamment l’huile de palme (+7,2 %), la viande de bœuf (+2,4 %) et le coton (+0,3 %).
L’indice des métaux et minéraux affiche une hausse modérée de 0,5 %, soutenue par la remontée des cours de l’aluminium (+7 %), du fer (+4,8 %), de l’or (+5 %) et du manganèse (+0,4 %). Le secteur forestier progresse également (+1 %), tandis que les produits halieutiques enregistrent une hausse de 4 %, contre 4,5 % au trimestre précédent.
La BEAC anticipe un ralentissement généralisé des cours jusqu’en 2026. Une tendance que confirment les prévisions de la Banque mondiale, qui table sur une baisse moyenne de 12 % des prix mondiaux des matières premières en 2025 et de 5 % en 2026. Le pétrole, principal moteur des exportations de la CEMAC, devrait tomber à 64 dollars le baril en 2025, puis à 60 dollars en 2026. Les prix agricoles reculeraient de 3 %, tandis que ceux des métaux et minéraux devraient se contracter de 10 % l’an prochain.
Selon la Banque centrale, les tensions commerciales et l’incertitude politique mondiale pèseront sur la demande et maintiendront les marchés dans une phase de correction prolongée.
Lire aussi : Après son rachat par Serge Bilé, Alios Finance Côte d’Ivoire prépare une augmentation de capital
Danielle Noah














