Depuis le 15 novembre 2024, c’est officiel, le Processus de Kimberley a prononcé la levée totale de l’embargo sur les diamants centrafricains qui durait depuis plus de 10 ans. Si le pays est loin d’avoir retrouvé la stabilité partout à l’intérieur de ses frontières, il a, néanmoins, à nouveau les coudées franches pour commercialiser partout dans le monde ces pierres précieuses issues de ses 24 zones diamantifères répertoriées à date (et non plus seulement de 8) qui font partie, avec l’or, de ses principales ressources. L’enjeu capital face à ce qui s’annonce déjà comme l’ère de l’exploitation à grande échelle de ces deux matières précieuses – le président Touadera projette le passage à l’exploitation industrielle de la petite mine dont les permis ont été accordés à deux sociétés à moyen terme - va être celui de la sécurisation des zones d’exploitation qui, pour certaines, enregistrent encore des attaques sporadiques de mouvements rebelles.
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Plusieurs entreprises minières chinoises, russes, américaines, rwandaises, entre autres nationalités, se livrent déjà une guerre sans merci sur le terrain de l’exploitation artisanale encore très mal régulée et donc, jusque-là peu rentable pour le trésor public centrafricain. Surtout après la découverte, mi-janvier, d’un diamant de 177,95 carats, le plus gros de l’histoire du pays, dans la localité Nzako (sud-est du pays), qui était interdite d’exploitation depuis 2013 en respect de l’embargo.
Le président de la République, Faustin Archange Touadera, dont le gouvernement est engagé dans la mise en œuvre d’un programme d’optimisation tous azimuts des recettes domestiques, a annoncé dans son récent discours sur l’état de la nation la création, cette année, de 9 unités opérationnelles supplémentaires dans les zones de production et d’une Task force nationale de lutte contre la fraude et la contrebande qui gangrènent l’exploitation des diamants et de l’or en Centrafrique. Le potentiel minier de la RCA est énorme. L’année dernière, grâce à la création par le gouvernement des unités de recherches géologiques et minières, 49 nouveaux indices miniers ont été mis en évidence dans les localités de Boali et Gontiguiri, « ce qui porte désormais le nombre des indices miniers du pays à 519 contre 470 antérieurement », selon Faustin Archange Touadera. Qui ajoute qu’en dépit de l’embargo qui pesait sur cette activité économique, la production du diamant est passée de 12 641,05 carats en 2016 à 107 857,2 carats en 2023.
Corrélativement, les taxes perçues sont passées de moins de 90 millions de Fcfa en 2016 à près de 356 millions de Fcfa la même année. La production de l’or, quant à elle, a progressé de moins de 33.000 grammes en 2016 à plus de 1,7 millions de grammes en 2023. Les taxes perçues sur l’exploitation de l’or, elles, ont évolué de moins de 30 millions de Fcfa à un peu plus de 945 de Fcfa sur la même période. Les autorités centrafricaines fondent l’espoir que les revenus de l’Etat sur ces activités vont s’améliorer à partir de cette année, à la faveur de la révision attendue des mercuriales de diamant et d’or. L’objectif du gouvernement est avant tout de retrouver le niveau de recettes publiques d’avant la guerre civile qui a fait suite au coup d’Etat militaire ayant balayé le régime de François Bozizé en 2013. Deux ans avant, en 2011, la RCA avait en effet exporté officiellement 323 575,30 carats de diamants et engrangé des revenus d’exportation à hauteur de 29,7 milliards Fcfa.











