Le distributeur camerounais de produits pétroliers Neptune Oil a consolidé sa position sur le marché centrafricain des hydrocarbures en 2025. Selon une note de conjoncture du Comité national économique et financier (CNEF) consultée par EcoMatin, ses importations de produits pétroliers ont atteint 90,7 milliards de FCFA, en hausse de 19,8 % par rapport à 2024. Cette progression s'est accompagnée d'une augmentation de 26,6 % des volumes de produits pétroliers légers importés, passés de 126 630 m³ à 160 358 m³ en un an. Dans le même temps, la consommation nationale de carburants a bondi de 34,5 %, à 164 419 m³, portée par la reprise de l'activité économique et les besoins liés à l'organisation des échéances électorales. Le chiffre d'affaires du secteur a ainsi progressé de 30,9 %, pour atteindre 139,5 milliards de FCFA.
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Ces performances confortent la position acquise par Neptune depuis que le gouvernement centrafricain lui a accordé, en septembre 2024, l'exclusivité de l'approvisionnement du pays en produits pétroliers. Cette décision, qui avait écarté des opérateurs historiques tels que Tradex, Tamoil ou Tristar, avait déclenché une vive polémique au sein de l'opposition et de la société civile, sur fond de pénuries récurrentes de carburant et d'accusations de monopole.
Face à ces critiques, l'Assemblée nationale centrafricaine a adopté, le 13 juillet 2026, une nouvelle loi destinée à encadrer le secteur des hydrocarbures. Si le texte n'a pas encore été publié, plusieurs médias locaux indiquent qu'il libéralise officiellement les activités d'importation de produits pétroliers, permettant à de nouveaux opérateurs de solliciter un agrément et mettant, en théorie, fin à l'exclusivité accordée à Neptune. Paradoxalement, le CNEF estime que les perspectives du secteur restent favorables grâce au dynamisme de Neptune et à l'entrée en activité de BOCOM, un autre distributeur camerounais. Autrement dit, alors même que Bangui cherche à ouvrir son marché à la concurrence, les deux acteurs appelés à porter sa croissance sont tous deux originaires du Cameroun.
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Le rapport souligne enfin que cette hausse des importations a soutenu l'activité économique dans un pays où le carburant demeure indispensable au transport des marchandises, aux chantiers de BTP, aux activités minières, aux groupes électrogènes et au fonctionnement des entreprises. Mais cette dynamique reste freinée par des difficultés structurelles persistantes, notamment les contraintes sur les corridors d'approvisionnement, les retards de remboursement des crédits de TVA, la contrebande, une pression fiscale élevée et les capacités limitées de stockage de la Société centrafricaine de stockage des produits pétroliers (SOCASP).













