Le Cameroun s’est hissé en 2025 au rang de premier client de la France dans la zone Cemac après le Gabon entre 2023 et 2024. Selon la brève économique publiée le 27 février 2026 par la Direction générale du Trésor français, les importations camerounaises en provenance de la France sont passées de 551 millions d’euros en 2024 à 560 millions d’euros en 2025, soit environ 367,4 milliards FCFA, en hausse de 1,6 % en glissement annuel. Cette progression, bien que modérée, a suffi à repositionner Yaoundé en tête des marchés français en Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale. « Le Cameroun demeure le principal partenaire commercial de la France dans la sous-région, concentrant 42 % des exportations françaises vers la Cemac », souligne la Direction du Trésor. Le Gabon suit avec 31 %, tandis que le Congo représente 25 % des flux.
Au total, les exportations françaises à destination de la Cemac se sont établies à 1,6 milliard d’euros en 2025 (environ 1 050 milliards FCFA), en léger recul de 2,2 % sur un an. Selon ledit rapport, les flux vers le Cameroun restent dominés par les produits des industries agroalimentaires, les équipements mécaniques et électriques, ainsi que les produits pharmaceutiques, qui concentrent près de 16 % des importations françaises vers le pays.
Dans le même temps, la France conserve un excédent commercial vis-à-vis de la Cemac, bien qu’en net repli, à 87 millions d’euros. Les importations françaises depuis la sous-région progressent de 7 % à 1,5 milliard d’euros, tirées principalement par les produits agricoles, notamment le cacao camerounais (+49 %). Le Cameroun demeure ainsi le premier fournisseur de la France dans la zone, avec près de 49 % des importations françaises en provenance de la Cemac.
Une trajectoire en tension avec la SND30
Si ce regain des échanges confirme le poids économique du Cameroun en Afrique centrale, il met en lumière une contradiction persistante avec les ambitions de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30). Le rapport d’évaluation à mi-parcours relève que la transformation locale demeure insuffisante dans l’agroalimentaire et le pharmaceutique, pourtant identifiés comme piliers de la substitution aux importations.
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Selon ce document, « l’industrie de transformation agroalimentaire représente environ 20 % du PIB industriel, alors que plus de 70 % des produits alimentaires transformés consommés au Cameroun restent importés ». Dans le secteur pharmaceutique, la dépendance extérieure est encore plus marquée : plus de 90 % des médicaments consommés sont importés, la production locale couvrant moins de 10 % des besoins nationaux. « Les capacités industrielles limitées et le faible ancrage local des chaînes de valeur freinent l’atteinte des objectifs », souligne le rapport.












