Le 7 août 2026, le Sénat américain a approuvé le projet de loi H.R. 6500 à une écrasante majorité (90 voix contre 6) en faveur de la prolongation de l'African Growth and Opportunity Act (AGOA) jusqu'au 31 décembre 2028 ; un dispositif qui vise à faciliter l'accès des pays d'Afrique subsaharienne au marché américain sans droits de douane. Cette information, relayée par plusieurs médias, figure bel et bien parmi les votes du 7 août affichés sur le site internet du Sénat américain.
Toutefois, ce vote a été confirmé par une source crédible proche des autorités américaines, qui a précisé que « le texte doit encore être examiné par la Chambre des représentants avant une éventuelle promulgation par le président Donald Trump ». Aux États-Unis, la Chambre des représentants fait office de chambre basse.
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Au total, 32 pays figurent sur cette liste américaine, sur les 49 pays éligibles d'Afrique subsaharienne : 12 d'Afrique de l'Ouest, 12 d'Afrique australe et de l'océan Indien, et 3 d'Afrique de l'Est. L'Afrique centrale y est représentée par 5 pays, dont trois membres de la Cemac (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale) : le Gabon, le Tchad et la République du Congo. Le Tchad exporte principalement du pétrole brut vers les États-Unis, son premier client international, et développe par ailleurs ses ventes de gomme arabique, dont il est devenu un fournisseur clé pour le marché américain. Selon Financial Afrik, ses exportations de gomme arabique ont atteint 1 045 tonnes fin mai 2025, en hausse de 81 % sur un an. 6 200 produits tchadiens sont éligibles au dispositif.
Quant au Congo-Brazzaville, l'ambassade américaine à Brazzaville affirme, sur sa page Facebook, que « les exportations de la République du Congo vers les États-Unis sont en croissance depuis quelques années, notamment grâce à l'AGOA ». Si les avantages sont renouvelés pour les grandes puissances économiques africaines comme l'Afrique du Sud, le Nigeria, l'Angola, l'Éthiopie ou le Kenya, les critères d'éligibilité restent stricts.
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Le Cameroun reste exclu
Le Cameroun, dont les États-Unis sont le 5ᵉ fournisseur (4,2 % des importations, soit 4 999,4 milliards FCFA en 2024) et le 9ᵉ client (3,7 % des exportations camerounaises, évaluées à 3 252,2 milliards FCFA la même année), demeure exclu de cette opportunité économique. Le pays de Paul Biya avait été suspendu du dispositif le 1er janvier 2020 en raison de « son implication dans des violations flagrantes des droits de l'homme reconnus internationalement ».
Malgré les négociations engagées par Yaoundé pour retrouver son statut, le Cameroun reste à l'écart de ce régime commercial préférentiel. Dès septembre 2024, l'ancien ambassadeur des États-Unis au Cameroun, Christopher John Lamora, exprimait déjà ses réserves dans les colonnes du quotidien privé Mutations, indiquant que le pays, bien qu'ayant progressé, « devrait rester hors du programme pour l'instant », selon une décision du bureau du représentant américain au Commerce (USTR).
Comme pour confirmer ces réserves, deux ONG américaines, Freedom House, spécialisée dans la défense des droits de l'homme, et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), exhortaient déjà, dans un rapport du 30 juin 2025, le gouvernement de Donald Trump à ne pas réintégrer le Cameroun à la liste des pays bénéficiaires de l'AGOA en 2026. Leur demande s'appuie sur des accusations relatives à la gouvernance, à l'état de droit et à la liberté de la presse.
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Les deux organisations citent notamment le rapport bisannuel 2024 du représentant américain au Commerce, qui faisait état de « rapports crédibles d'abus des droits de l'homme par les forces de sécurité gouvernementales », de « sérieuses restrictions à la liberté d'expression » et d'« atteintes à la liberté de réunion pacifique ». Selon elles, le Cameroun ne devrait pas être éligible aux avantages de l'AGOA pour 2026 en raison de la persécution et de la détention de journalistes, une question jugée particulièrement sensible dans le pays.
Critères d'éligibilité
Pour être admissible à l'AGOA, loi adoptée en 2000 et qui devait initialement expirer fin 2025 puis fin 2026, le respect des droits de l'homme et de la démocratie constitue un critère central. C'est d'ailleurs ce qui a motivé l'exclusion de plusieurs pays, à l'image du Cameroun, écarté du programme depuis six ans. Sur le plan économique, les produits candidats aux avantages de l'AGOA doivent être intégralement fabriqués dans le pays bénéficiaire ; à défaut, au moins 35 % de leur valeur et de leurs matériaux doivent en être originaires. Les produits agricoles, quant à eux, peuvent être exportés en franchise de douane sans passer par l'AGOA, à condition de respecter les réglementations de la Food and Drug Administration (FDA), du département de l'Agriculture (USDA) et de l'Agence de protection de l'environnement (EPA).



