Le 2 avril 2009, l’Etat du Cameroun et l’entreprise chinoise Yan Chang Logone Development Company ont signé un contrat de partage de production (l’opérateur devait assumer les coûts et risques du projet en échange d’une part de production à venir, Ndlr) pour la recherche de pétrole dans le bloc Zina-Makary. Il s’agit d’une localité du Logone Birni près de la frontière avec le Tchad dans la région de l'Extrême-Nord. Quinze ans après, le projet est sans issue. Les recherches sont en berne depuis plusieurs années. D’après des sources contactées sur place, à peine l'entreprise a entamé les travaux d’aménagement vers le site du champ pétrolifère de Zina-Makary qu'elle déserté les lieux.
Crise sécuritaire
La question adressée au défunt ministre des Mines, de l’Industrie et du développement technologiques (Minmidt) Gabriel Dodo Ndoke au cours d’une plénière au Sénat le 1er décembre 2022, est revenue à Fuh Calistus Gentry qui assume jusqu’ici, l’intérim. « Aucune activité n’a été réalisée à ce jour et l’opérateur a disparu puisque le contrat téléphonique, fax et boîte postale fournis à l’administration des Mines sont obsolètes », a répondu le membre du gouvernement au sénateur Alioum Alhadji Ahmadou le 21 juin 2024.
Comme son prédécesseur, l’actuel Minmidt a justifié la désertion de l’entreprise chinoise par la crise sécuritaire de Boko Haram qui y sévit depuis 2014 soit, 5 ans après l’accord paraphé entre le Cameroun le chinois supra indiqué. Depuis lors, le projet pétrolier est au point mort « malgré les multiples relances du gouvernement à l’endroit de l’entreprise et des réunions avec des forces de sécurité spéciales déployées dans la zone », déplore le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune.
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A l’état actuel des choses, l’état du Cameroun n’aura certainement pas d’autres choix que de recourir à un autre prestataire devant conduire ce forage d’exploration dans la partie septentrionale du pays et qui « a rencontré une série de réservoirs sableux imprégnés d’hydrocarbures liquides sur une hauteur d’environ 18 mètres », indiquait en juillet 2011, un communiqué de la Société nationale des hydrocarbures (SNH) cité par nos confrères de Jeune Afrique.
A date, il n’y a toujours pas de projection sur la relance de ce projet minier. Fuh Calistus Gentry a tout de même noté que les travaux reprendront « en temps opportun ». Et d’après certaines indiscrétions, une nouvelle entreprise dont l’identité ne nous a pas été révélée, aurait déjà effectué une visite sur le bloc Zina-Makary à fin 2023. Ce qui pourrait présager une lueur d’espoir sur la reprise effective de ce projet pétrolier dans les jours à venir.
Accroître la production pétrolière
Il convient de relever que la réalisation d’un tel projet permettrait pourtant de booster la capacité de production du pétrole brut par conséquent, accroître les recettes d’exportation issues de ce produit. Ce d’autant plus que, de passage à Maroua (capitale régionale de l'Extrême-Nord) le 28 septembre 2018 à la veille de la présidentielle, le président de la République Paul Biya rassurait les populations du potentiel naturel de la région. « Tout laisse penser que votre sous-sol est riche en minerais et en pétrole. Il conviendra de donner un nouvel élan à la prospection et, par la suite, à l’exploitation », déclarait-il.
Selon les chiffres publiés par la Société nationale d’hydrocarbures (SNH), 23,88 millions de barils ont été produits en 2023 dont 13,527 millions de barils exportés pour le compte de l’Etat à un prix moyen de 79,464 dollars par baril. Pour le statisticien camerounais, 3 084 tonnes de pétrole brut ont été vendues à l’extérieur en 2023 (-13,6%) pour une valeur de 1 127,1 milliards de Fcfa en baisse de -387,8 (-26, %) comparés à 2022.



