Le ministre d'État, ministre de l'Économie et des Finances du Gabon, Henri-Claude Oyima, a rendu public ce 14 octobre 2025, le bilan de l'opération de recensement des créances fiscales impayées, connues sous le nom de "Restes à Recouvrer" (RAR). Cette opération a permis d'identifier un montant colossal de 803,7 milliards de FCFA dû à l'État gabonais par les opérateurs économiques privés. Dans le détail, « à ce jour, les créances identifiées s’élèvent à 530,9 milliards FCFA pour l’exercice 2023 et 272,8 milliards FCFA pour l’exercice 2024 », indique-t-il.
Cette initiative de recouvrement des impayés s'inscrit dans une logique stratégique visant à renforcer l'efficacité de la mobilisation des recettes publiques. Elle est motivée par trois objectifs fondamentaux de l'administration fiscale gabonaise : assurer la clarté et la crédibilité de la gestion des finances publiques, garantir que les fonds dus par les opérateurs économiques entrent effectivement dans les caisses de l'État et améliorer l'efficience globale de l'administration fiscale, notamment de la Direction Générale des Impôts.
Ce renforcement de la discipline budgétaire intervient dans un contexte de fortes ambitions financières : le gouvernement gabonais table sur des recettes totales de 4 327,2 milliards de FCFA en 2026, en hausse de 51% en glissement annuel. La réussite de l'opération de recouvrement des créances semble donc cruciale pour crédibiliser et atteindre ces objectifs budgétaires.
Cette démarche se poursuivra par un audit exhaustif des créances, visant à établir une situation financière consolidée et fiable qui devra être reconnue par l'État et les opérateurs économiques. Suite à cette validation, l'étape suivante sera la mise en place d'un groupe de travail autonome. Son mandat sera de proposer un plan d’apurement à la fois réaliste pour les entreprises et échelonné dans le temps, tout en veillant à « concilier la soutenabilité » du secteur privé avec les « exigences de redressement des finances publiques » du Gabon.
Sous ce rapport, la récupération de ces sommes colossales constitue un signal politique et économique majeur. Cette opération prouverait la volonté politique ferme de restaurer la discipline budgétaire et la capacité de l'administration fiscale à mobiliser efficacement les recettes. Un tel succès renforcerait immédiatement la crédibilité du Gabon auprès des institutions financières internationales comme le FMI, la Banque mondiale et Fitch Ratings. En conséquence, cela pourrait grandement faciliter l'obtention de nouveaux financements.
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Cette initiative s'inscrit d'ailleurs dans une série de mesures d'assainissement. Le 6 octobre dernier, le ministre Henri-Claude Oyima avait déjà annoncé une décision radicale : la suppression totale des anciennes ordonnances en instance de règlement au Trésor public antérieures à 2023. Cette mesure, prise à l'issue d'audits, visait précisément à clarifier et à assainir les finances publiques pour garantir une exécution budgétaire plus saine et sereine.
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