Réuni en Conseil des ministres le 26 février 2026, l’Etat gabonais a adopté un projet de décret portant déclaration d’utilité publique d’une bande de terre située à Mambi, dans la commune de Mayumba, au sud-ouest du pays. Selon le communiqué ayant sanctionné les travaux, l’État entend réquisitionner une superficie de 52 478 hectares « en vue de la réalisation d’activités de transformation de minerais », en application de la loi relative à l’expropriation pour cause d’utilité publique.
Cette décision marque une nouvelle étape dans la volonté des autorités de structurer des pôles industriels adossés aux ressources minières locales. La zone de Mayumba est déjà identifiée comme un bassin stratégique pour l’exploitation de minerais, notamment avec le projet de potasse de Banio. En juillet 2025, le Gabon a signé à Washington un accord d’investissement de 500 millions de dollars (environ 280 milliards FCFA) avec la société canadienne Millennial Potash pour le développement de ce gisement. À terme, le projet prévoit une production annuelle de 800 000 tonnes d’engrais potassique, destinées en priorité aux marchés agricoles d’Afrique centrale.
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Déployé par phases, le projet Banio prévoit une première enveloppe de 5 millions de dollars consacrée aux études techniques et économiques, avant la construction des infrastructures minières et logistiques nécessaires à l’exploitation commerciale. Les projections officielles tablent sur la création d’au moins 375 emplois directs et 600 emplois indirects dans la région de Mayumba, une zone jusqu’ici peu industrialisée.
Au-delà de la potasse, la déclaration d’utilité publique de cette bande foncière vise à anticiper l’implantation d’unités de transformation pour d’autres substances minières, conformément à la nouvelle doctrine minière gabonaise. Depuis 2024, Libreville a engagé un dialogue renforcé avec les opérateurs du secteur afin d’accélérer la transformation locale des minerais, réduire les exportations de produits bruts et capter davantage de valeur ajoutée sur le territoire national.
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Cette orientation s’inscrit dans un contexte de transition écologique, où le Gabon entend tirer parti de la demande mondiale croissante en métaux critiques. Parmi les minerais stratégiques, le manganèse occupe une place centrale, avec des réserves estimées à plus de 650 millions de tonnes. Le potentiel du pays en fer est également important, avec des gisements évalués entre 3 et 5 milliards de tonnes.













