Le 26 février 2026, le chef de l’Etat gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a présidé le Conseil des ministres, une séance tenue enpleine visite d’une délégation du Fonds monétaire international (FMI) à Libreville. Fort de cet enjeu, il a fixé un ultimatum de deux mois à son gouvernement pour conclure un nouveau programme avec l’institution de Bretton Woods – après cinq années de suspension - conformément aux annonces faites en janvier dernier. « Le Président de la République a instruit le ministre chargé de l’Économie et des Finances d’accélérer les travaux préparatoires, en vue d’aboutir à la signature d’un programme au plus tard au mois de mai prochain »,indique le communiqué final.
Soulignons que la délégation du FMI est conduite par Aliona Cebotari. Elle y séjourne du 25 février au 6 mars prochain. Pour ouvrir cette mission technique, les émissaires de Fonds ont été reçus en audience par Thierry Minko, le ministre de l'Économie et des Finances. D’après les services ministériels, les travaux sont axés « sur la collecte et l’analyse des données macroéconomiques et fiscales, en vue d’évaluer les performances économiques récentes et de consolider le cadre de coopération entre le Gabon et le FMI ».
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La conclusion d’un programme avec le Fonds monétaire international (FMI) apparaît de plus en plus comme une condition essentielle pour préserver la solvabilité du Gabon. Selon José Mantero, directeur associé chez Fitch Ratings, le pays reste exposé à un « risque inhérent » de défaut de paiement. « Il est encore très difficile de savoir si le FMI va mettre en place un programme (…) Les pressions sur le crédit resteront très importantes jusqu’à ce que cela se produise », a-t-il averti.
Pour l’heure, Libreville n’a pas encore déposé de demande formelle auprès de l’institution de Bretton Woods. Mais le président Brice Clotaire Oligui Nguema considère qu’un accord avec le Fonds constitue une étape incontournable. « La conclusion d’un programme économique et financier avec le FMI constitue une nécessité stratégique. Au-delà d’un exercice technique, il s’agit d’un gage de crédibilité destiné à renforcer la confiance des partenaires techniques et financiers et à sécuriser les conditions d’accompagnement du programme national de transformation économique », indique un communiqué officiel du gouvernement.
En décembre, Fitch avait abaissé la note souveraine du Gabon à CCC-, évoquant un endettement élevé, un accès limité aux financements régionaux et des déficits budgétaires croissants. L’agence estime que les pressions sur la solvabilité du pays resteront fortes tant qu’un programme avec le FMI ne sera pas formalisé.
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Cette délégation du FMI arrive dans un contexte macroéconomique marqué par de nombreux défis internes. À fin novembre 2025, les arriérés de paiement de la dette publique atteignaient 437,47 milliards FCFA pour un encours global de 8 547,24 milliards FCFA. Selon la Banque mondiale, le taux d'endettement s'est hissé à 74,9 % du PIB en 2025, tandis que le déficit budgétaire, après s'être établi à -2,8 % en 2025, pourrait se creuser à-4,1 % en 2026. Malgré ces tensions, le Gabon affiche des points de résilience: l'inflation demeure maîtrisée à 1,4 % — bien en deçà du seuil communautaire de la CEMAC (3 %) — et les recettes publiques progressent, avec une projection à 25,5 % du PIB pour 2026.










