À 23 jours de l’élection présidentielle prévue au Cameroun, le président Paul Biya a reçu à Yaoundé ce 19 septembre, le général Michael Anderson, nouveau patron du Commandement américain pour l’Afrique (AFRICOM). Une visite inattendue, non annoncée, et qui intervient un mois seulement après sa prise de fonction. Basé à Stuttgart, le général Anderson supervise toutes les opérations militaires américaines sur le continent (hors Égypte). Son périple africain inclut également le Bénin. Le Cameroun demeure un pivot dans la lutte contre Boko Haram. Depuis 2015, 300 militaires américains sont stationnés à Garoua, dans le Nord, pour fournir renseignement et formation aux forces camerounaises. Les États-Unis soutiennent également Yaoundé via des livraisons de matériels, des formations et des centres spécialisés, comme le Centre d’excellence contre les engins explosifs improvisés.
Le général Michael Anderson n’est pas le premier commandant d’AFRICOM à se rendre au Cameroun. En décembre 2015, un de ses prédécesseurs, le général David M. Rodriguez, en l’occurrence, avait rencontré Paul Biya à Yaoundé pour réaffirmer l’engagement américain dans la lutte contre Boko Haram. Des exercices conjoints, comme Unified Focus 2017, ont renforcé la coordination de la Force multinationale mixte (FMM) avec le Cameroun, le Tchad, le Nigeria et le Niger. Le contexte bilatéral a aussi connu des tensions. En février 2019, Washington avait suspendu certaines livraisons d’équipements et annulé des formations destinés aux soldats camerounais à cause d’«allégations crédibles de violations graves des droits de l’homme » dans les régions anglophones et l’Extrême-Nord, par l’armée.
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Selon le poste national de la CRTV, la radio publique, Paul Biya et son hôte qu’accompagnait l’ambassadeur Christopher Lamora, ont discuté de coopération militaire et de sécurité dans le Golfe de Guinée. Ils ont aussi, sans doute, discuté de la coopération bilatérale, notamment du soutien logistique, du renseignement et de la formation. Le caractère confidentiel et inattendu de cette visite souligne sa sensibilité. Elle pourrait annoncer un réajustement stratégique face à la montée de la Russie et de la Chine en Afrique centrale, et un réchauffement des relations entre Washington et Yaoundé. À 92 ans, Paul Biya demeure donc un interlocuteur clé pour les États-Unis. Cette rencontre confirme surtout la place stratégique du Cameroun, alors que le pays doit gérer la menace terroriste, la crise anglophone et les incertitudes liées à sa succession politique.
Depuis sa déclaration de candidature pour un 8e mandat à la tête de l’Etat du Cameroun, Paul Biya n’a reçu que trois personnalités étrangères : l’ambassadeur de France au Cameroun, le nonce apostolique au Cameroun et en Guinée équatoriale, et le général Michael Anderson.
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