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Gouvernance locale : tension de trésorerie généralisée dans les communes

Employés et magistrats municipaux accumulent des mois voire des années d’arriérés de salaires. Le problème qui touche la majorité des communes serait dû au blocage des fonds des communes au niveau des services du Trésor et le retard dans le versement de la dotation générale de la décentralisation.

L’on s’attend à un retour progressif à la normale dès ce 10 décembre à la mairie d’Eseka, département du Nyong et Kellé. Les employés, qui réclament six mois de d’arriérés de salaire, ont entamé un mouvement de grève, depuis le 3 décembre 2018. Après une médiation conduite par le préfet Peter Tieh Nde, les grévistes retrouvent peu à peu leur poste de travail tandis que le maire, Jean René Libog, a pris l’engagement d’éponger les arriérés en question aussitôt que le ministère des Finances aura débloqué l’appui financier promis attendu du gouvernement.

L’arrêt de travail des agents communaux d’Eseka pourrait être le début d’une série de mouvements d’humeur dans plusieurs communes. En effet, le réseau national des cadres communaux soutient que les arriérés de salaire sont un phénomène courant dans les communes au Cameroun. Selon un fichier présentant l’état des lieux du phénomène dressé par ce réseau le 20 novembre 2018, il apparait que 54 communes réparties dans 23 départements et 6 régions connaissent des arriérés de salaires. Avec 15 mois d’impayés, la commune de Fongo-Tongo présente la situation la plus critique par rapport à celle de Manjo (03 mois d’arriérés).

La situation est devenue si crique que le maire de la commune de Loum dans le département du Moungo a rompu le silence. Dans une correspondance adressée au président national des Communes et Villes Unies du Cameroun (CVUC), qui regroupent toutes les communes du Cameroun, Guy Kuaté Wambo suggère une « action collective ». Selon le magistrat municipal, « les maires sont aujourd’hui dans l’incapacité d’exercer leur fonction due aux facteurs exogènes qui ne sont plus supportables. » Pour Guy Kuaté Wambo, ce serait « un crime de notre part de continuer à garder ce silence complice face au désarroi de nos population et de nos personnels qui, pour la plus part de nos communes (80 à 90%), totalisent entre 3 à 5 mois de retards de salaires voir 7 mois pour certains.»

L’élu local parle de désastre, évoquant « l’impossibilité d’accéder à nos fonds au Trésor ».  Pire, ajoute-il, rendu au quatrième trimestre 2018, « les communes, dans leur immense majorité, n’ont toujours pas reçu les CAC du deuxième trimestre qui pourtant, en l’absence de la décentralisation est une ressource vitale pour nos communes ».

Dans sa missive, le maire de Loum laisse transparaitre une certaine déception par rapport à la création du ministère de la Décentralisation et du développement local. Guy Kuaté Wambo rappelle la promesse du gouvernement de mettre sur pied un fonds spécial de 10 milliards de FCFA. Ce fonds spécial devait servir à payer les arriérés de salaires des maires et de la Dotation générale de la décentralisation. « L’arrêt des engagements étant intervenu le 15 novembre 2018, on est en droit de se poser la question à quand donc les fonds seront engagés ?».

La Rédaction EcoMatin

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