L'État camerounais et ses démembrements devaient encore 2,83 milliards de FCFA à l'Hôtel Sawa à la fin de l'exercice 2025, au titre de prestations hôtelières déjà réalisées. Selon les états financiers consultés par EcoMatin, ces créances représentent à elles seules plus que le chiffre d'affaires annuel de l'établissement, qui s'est établi à 2,63 milliards de FCFA. Elles constituent également l'essentiel des 3,66 milliards de FCFA que l'hôtel attend de l'ensemble de ses clients, loin devant les entreprises privées, les agences de voyages et les autres débiteurs.
Cette forte exposition au secteur public n'a toutefois pas empêché l'établissement d'améliorer sa rentabilité. Cela est du à plusieurs facteurs. D'abord, l'établissement a encaissé près de 38 millions de FCFA de produits financiers, essentiellement grâce au placement d'une partie de sa trésorerie. Ensuite, il a enregistré 207,5 millions de FCFA de reprises de provisions, correspondant à des charges constituées les années précédentes qui n'avaient finalement plus lieu d'être. Ces différents éléments ont contribué à porter le bénéfice net à 166,6 millions de FCFA, contre 72,9 millions un an plus tôt.
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L'activité demeure largement portée par l'hébergement, qui a généré 1,55 milliard de FCFA, soit près de 60 % du chiffre d'affaires. La restauration suit avec 790 millions de FCFA, tandis que les locations de salles, la blanchisserie et les autres prestations complètent les revenus de l’hôtel. Les comptes traduisent également une amélioration de la situation de trésorerie. Les disponibilités atteignent 1,07 milliard de FCFA, dont un milliard placé en dépôt à terme, offrant à l'entreprise une marge de liquidité plus confortable.
Au passif, l'établissement continue de faire face à des engagements financiers non négligeables. À fin 2025, les dettes envers les fournisseurs s'élèvent à 504,9 millions de FCFA, tandis que les dettes fiscales et sociales atteignent 503 millions de FCFA, dont 413,7 millions dus à l'État et aux organismes fiscaux et 89,3 millions au titre des obligations sociales. À cela s'ajoutent 253 millions de FCFA de dettes financières, essentiellement constituées d'anciens emprunts et d'avances consenties par les actionnaires.
Exploitée par la Société hôtelière du Littoral (SOHLI), l'Hôtel Sawa est une entreprise à capitaux majoritairement publics. Son capital est détenu à 88,98 % par la Société nationale d'investissement (SNI) et à 11,01 % par la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS).
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