British Petroleum (BP), géant pétrolier britannique coté à Londres, fait son entrée officielle dans le secteur pétrolier gabonais, avec la signature d’un protocole d’accord portant sur l’exploration en offshore profond et ultra-profond, le 29 octobre 2025 à Libreville. L’accord a été signé entre le ministère du Pétrole et du Gaz, dirigé par Sosthène Nguema Nguema, et le groupe britannique, en présence du ministre de l’Économie Henri-Claude Oyima. « Ce partenariat s’inscrit pleinement dans la vision du président Brice Clotaire Oligui Nguema, centrée sur les partenariats public-privé, la création d’emplois et le développement durable », précise le communiqué officiel du gouvernement.
Ce partenariat intervient dans la continuité de la dynamique de relance du secteur pétrolier national, amorcée par la signature d’un accord similaire avec l’américain ExxonMobil une semaine plus tôt. Avec BP, le Gabon consolide son attractivité auprès des majors internationales, dans un contexte où 72 % de son domaine maritime demeure encore inexploré. L’arrivée du groupe britannique, connu pour sa forte expertise en exploitation offshore, notamment en Afrique de l’Ouest, en Égypte, en Mauritanie, au Sénégal et en Angola, vient renforcer le positionnement du pays comme nouveau pôle d’exploration en Afrique centrale.
Lire aussi : Pétrole : le Gabon signe deux nouveaux contrats d’exploration avec Pelgrim Exploration
Pour BP, cette implantation marque sa première entrée officielle dans la zone CEMAC. Après le départ de Tullow Oil, le groupe rejoint un marché déjà opéré par d’autres sociétés pétrolières britanniques dont BW Energy et Pelgrim Petroleum. Au deuxième trimestre 2025, la compagnie a affiché des performances solides, avec une production mondiale établie à environ 2,3 millions de barils équivalent pétrole par jour, un résultat net de 2,4 milliards de dollars, un cash-flow opérationnel de 6,3 milliards, et une disponibilité des raffineries de 96,4 %. Sur la même période, la compagnie a lancé cinq nouveaux projets d’exploitations, réalisé dix découvertes d’exploration et engagé 750 millions de dollars de rachat d’actions.
Pour le Gabon, cette nouvelle alliance stratégique ouvre la voie à une diversification accrue des partenaires étrangers et à une redynamisation de la production nationale, actuellement estimée sous la barre des 200 000 barils par jour en septembre 2025, selon les données de l’OPEP, contre 228 000 barils en début d’année. Ce déclin, attribué à l’épuisement des champs matures et à des arrêts techniques successifs, pousse les autorités à miser sur les investissements en exploration offshore pour compenser la baisse de rendement des gisements terrestres.
Lire aussi: Pétrole : douze ans après son retrait, ExxonMobil repart à la conquête de l’offshore gabonais
En rejoignant ExxonMobil sur ce segment, BP qui dégage 68,9% de son chiffre d’affaires à l'international, s’impose comme un acteur clé du nouveau cycle d’exploration pétrolière gabonais, soutenu par la volonté du gouvernement de faire du secteur un levier de transformation économique et d’autonomie énergétique. Ce partenariat pourrait également ouvrir la voie à d’autres collaborations entre le Gabon et les grandes compagnies internationales dans les années à venir.
Lire aussi : Pétrole : Gabon Oil Company reprend officiellement la main sur les champs d’Addax Petroleum



