Selon le dernier rapport de conjoncture du Comité national économique et financier (CNEF), la production nationale d'électricité s'est établie à 2,12 millions de mégawattheures (MWh) au premier trimestre 2026, en hausse de 2,8 % par rapport à la même période de 2025. Cette progression est principalement attribuée à l'amélioration des conditions d'injection de la centrale hydroélectrique de Nachtigal, dont la montée en puissance continue de soutenir l'offre d'électricité sur le réseau national. L’infrastructure, située à Ndokoa, à environ 70 km au nord-est de Yaoundé, dispose d’une capacité installée de 420 MW, répartie entre sept groupes de 60 MW chacun et tourne à plein régime depuis mai 2025.
En revanche, cette hausse de la production ne s'est pas traduite par une augmentation des volumes d'électricité vendus. Les volumes commercialisés ont reculé de 1,5 %, à 1,45 million de MWh, ce qui ramène le taux de commercialisation de l'électricité à 68,2 % de la production au premier trimestre 2026, contre 71,2 % un an plus tôt. Ce ratio poursuit sa dégradation après 71,0 % en 2025 et 73,3 % en 2024, signe que la hausse de l'offre ne se traduit pas encore intégralement par une augmentation des volumes effectivement vendus.
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Il faut dire que le système électrique camerounais reste confronté à d'importantes contraintes. Malgré l'apport de Nachtigal, le secteur continue de composer avec un déficit hydrologique exceptionnel. En janvier dernier, le ministre de l'Eau et de l'Énergie, Gaston Eloundou Essomba, révélait que les barrages-réservoirs du pays affichaient un déficit cumulé de près de 3 milliards de mètres cubes d'eau, conséquence directe de la faible pluviométrie. « Le secteur de l'électricité fait face à un déficit hydrologique majeur (…). Cette situation impose une utilisation extrêmement rationnelle des stocks d'eau disponibles afin de préserver l'équilibre du système électrique », expliquait-il devant les membres du Groupement des entreprises du Cameroun (GECAM). Par ailleurs, les centrales électriques de Kribi et de la Dibamba sont constamment à l’arrêt à cause des impayés du distributeur.
À ces contraintes de production s'ajoutent celles du réseau. Alors que le Cameroun augmente progressivement ses capacités de génération grâce à Nachtigal et prépare l'arrivée de nouveaux barrages comme Kikot (500 MW), Minkouma ou encore Bini à Warak, les infrastructures de transport et de distribution peinent à suivre le rythme. Le gouvernement reconnaît lui-même que près de 30 % de l'électricité produite est perdue avant d'atteindre les consommateurs, en raison notamment des insuffisances du réseau de transport et de distribution. C'est précisément pour lever ce goulot d'étranglement que le ministre de l'Eau et de l'Énergie a récemment appelé les investisseurs à s'intéresser davantage au segment du transport d'électricité, devenu selon lui une priorité du Compact énergétique national. « La dimension transport devrait continuer à bénéficier de l'attention de nos partenaires. Ils devraient s'y intéresser », déclarait Gaston Eloundou Essomba en juin dernier.










