Sur un objectif trimestriel de 2 181 milliards de FCFA, les services financiers de l'État ont mobilisé 1 331,4 milliards de FCFA au 31 mars 2026, soit un taux de réalisation de 61 %. Il manque ainsi 849,6 milliards de FCFA pour atteindre la cible fixée en début d'année. Présenté au Parlement, le Document de programmation économique et budgétaire (DPEB) 2027-2029 attribue cette sous-performance au recul des recettes pétrolières, à une moindre mobilisation des recettes internes et surtout à la faiblesse des emprunts et dons. Par rapport au premier trimestre 2025, les ressources mobilisées reculent de 212,6 milliards de FCFA, passant de 1 544 milliards à 1 331,4 milliards de FCFA.
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Dans le détail, les recettes pétrolières n'ont atteint que 106,6 milliards de FCFA, contre une prévision de 130,9 milliards, sous l'effet de la baisse de la production nationale. Les recettes non pétrolières se sont établies à 1 087,4 milliards de FCFA, contre un objectif de 1 222,4 milliards, soit un manque à gagner de 135 milliards de FCFA. Le gouvernement explique notamment cette contre-performance par la reprise progressive de l'activité économique après les tensions post-électorales de 2025.
Les financements extérieurs en fort recul
Le principal écart provient toutefois des emprunts et des dons. Sur une prévision de 827,7 milliards de FCFA, seulement 137,5 milliards ont été mobilisés au premier trimestre. À la même période de 2025, ces ressources atteignaient encore 327,6 milliards de FCFA. Le gouvernement explique cette contre-performance par le non-décaissement des appuis budgétaires attendus, l'absence de conclusion de nouveaux emprunts, une mobilisation plus faible des émissions de titres publics (98 milliards de FCFA sur 160 milliards prévus), ainsi que des prêts-projets (39 milliards sur 206 milliards attendus). Les dons affichent également un important retard, avec seulement 100 millions de FCFA mobilisés sur une prévision de 18,5 milliards.
Une exécution budgétaire ralentie
Du côté des dépenses, 1 547 milliards de FCFA ont été exécutés au cours du premier trimestre. Hors service de la dette, 713 milliards de FCFA ont été ordonnancés, soit un taux d'exécution de 12,6 %, contre 17 % un an plus tôt. Le ministère des Finances attribue ce ralentissement aux difficultés techniques rencontrées lors du basculement de l'exécution budgétaire vers la plateforme PROMIS IA. Les dépenses d'investissement sont particulièrement affectées : elles ne représentent que 45 milliards de FCFA à fin mars, soit 2,5 % des crédits ouverts, contre 175,5 milliards à la même période de 2025, une baisse de plus de 74 %.
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En revanche, le service de la dette poursuit sa progression. Sur une enveloppe annuelle de 3 025 milliards de FCFA, l'État a déjà remboursé 833,9 milliards au premier trimestre, soit plus de 27 % de la prévision annuelle, en hausse de 141 milliards de FCFA par rapport à la même période de 2025.
Des perspectives budgétaires revues
Face à cette dégradation, le gouvernement prévoit de revoir à la hausse ses besoins de financement, qui passeraient de 1,7 % à 2,2 % du PIB, tandis que le déficit primaire non pétrolier serait révisé de 1,7 % à 2,5 % du PIB. L'exécutif invoque les retards enregistrés dans la mise en œuvre de certaines mesures fiscales et un environnement économique moins favorable qu’anticipé. Les autorités ont également revu à la baisse leurs prévisions de recettes internes non pétrolières, désormais attendues à 13,1 % du PIB, contre 13,9 % initialement. Parallèlement, elles anticipent une hausse des dépenses de soutien aux prix des carburants, afin de faire face à la remontée des cours mondiaux du pétrole. Les subventions aux produits pétroliers pourraient ainsi atteindre 340 milliards de FCFA en 2026.

