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Le Cameroun prévoit 30 milliards de Fcfa pour booster le développement industriel

Cet argent sera investi dans le cadre du Programme d’impulsion initiale (P2I) prévu pour être implémenté sur le triennat 2024-2026.

Publiée mercredi 22 mai 2024 à 15:01:16Modifiée mercredi 22 mai 2024 à 15:01:18Temps de lecture 2 minPar Marius Zogo

Alamine Ousmane Mey, ministre camerounais de l'Economie, de la Planification et de l'Aménagement du territoire

Le gouvernement camerounais va bientôt amorcer la deuxième moitié de sa stratégie nationale de développement (SND30). Quasiment au terme des cinq premières années, les pouvoirs publics présentent pour le moment, un bilan mitigé par rapport aux objectifs à atteindre. Pour respecter la feuille de route notamment sur le volet économique, Alamine Ousmane Mey, le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minépat), suggère la mise en œuvre « accélérée » du Programme d’impulsion initiale (P2I) de la SND30.

Ledit plan, selon le Minépat, permettrait de soutenir fortement le secteur industriel et sera doté d’un budget prévisionnel de 30 milliards de Fcfa. En effet, le P2I est l’une des priorités du Document de programmation économique et budgétaire (Dpeb) sur la période 2024-2026 adopté par le Premier ministre Joseph Dion Ngute en juin 2023. Mise en application, l'initiative gouvernementale devrait relever plusieurs défis parmi lesquels, la faible diversification de l’activité industrielle (80% des exportations étant des matières premières), la faible valorisation des ressources nationales.

Le Rapport de l’enquête sur le climat des affaires dans le secteur industriel du Cameroun publié en 2023 révèle que la plupart des facteurs de production sont défavorables aux hommes d’affaires. A titre d’illustration, le document produit par le ministère de l’Économie fait savoir que 59% des chefs d’entreprises du secteur industriel trouvent contraignantes, les conditions d’accès aux financements, 91% d’entre eux pensent que l’appui financier reste insuffisant. De plus, poursuit la même source, 81% des chefs d’entreprises trouvent que le taux de pression fiscale est élevé, 44% estiment que les structures d’encadrement du secteur privé ne sont pas accessibles, etc.

A date, le taux de croissance du Cameroun oscille entre 3 et 4% contre 8% visé en 2030. Pour atteindre les objectifs escomptés, le ministre des Finances (Minfi) Louis Paul Motaze prescrivait l’an dernier, la mise en pratique d’un certain nombre de préalables à l’exécution du programme d’impulsion initiale. Il s’agissait notamment, de « la mobilisation des mécanismes de financements innovants en vue de la promotion du label ‘’Made In Cameroon’’ et du patriotisme économique dans les filières prioritaires telles que l’agro-industrie, le bois, textile, les mines et la métallurgie, l’industrie pharmaceutique et biomédicale à travers la mise en place des zones économiques et des facilités fiscalo-dounaières », relavait-il au cours du séminaire de lancement des activités de préparation du budget de l’Etat au compte de l’exercice 2023.

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