La lutte contre le blanchiment d'argent se renforce au Gabon. Dans son deuxième rapport de suivi renforcé publié en mars 2026, le Groupe d'action contre le blanchiment d'argent en Afrique centrale (GABAC) salue les progrès réalisés par Libreville dans l'alignement de son dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération (LBC/FT/FP) sur les standards internationaux. Malgré ces avancées, le pays demeure maintenu sous le régime de suivi renforcé.
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Selon le rapport, les réformes engagées depuis l'évaluation mutuelle de 2023 ont permis au Gabon d'améliorer sensiblement son niveau de conformité aux recommandations du Groupe d'action financière (GAFI). Le pays est désormais jugé Conforme (C) sur quatre recommandations, Largement Conforme (LC) sur treize, Partiellement Conforme (PC) sur quinze et Non Conforme (NC) sur huit.
Le GABAC attribue notamment sa note maximale à la recommandation relative aux déclarations d'opérations suspectes. Le règlement de la CEMAC impose désormais aux établissements assujettis de signaler sans délai toute opération ou tentative d'opération susceptible d'être liée à une activité criminelle ou au financement du terrorisme.
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Parallèlement, le cadre de contrôle du secteur financier a été renforcé. Les comptes anonymes sont interdits et les institutions financières sont tenues d'identifier les bénéficiaires effectifs des personnes morales et autres structures juridiques. Ces évolutions ont permis d'améliorer l'évaluation des dispositifs de vigilance à l'égard de la clientèle et de supervision du secteur financier.
Le défi de la mise en œuvre
Malgré ces progrès réglementaires, le GABAC estime que plusieurs réformes peinent encore à produire des résultats concrets. L'un des principaux points de faiblesse concerne le dispositif de sanctions financières ciblées contre le terrorisme. La Commission nationale consultative sur le gel administratif (CNCGA), appelée à jouer un rôle central dans le blocage rapide des avoirs liés aux activités criminelles ou terroristes, n'est toujours pas opérationnelle.
Le rapport souligne également des insuffisances dans la prise en compte des risques liés aux nouvelles technologies et aux crypto-actifs. Le Gabon est ainsi classé Non Conforme sur la recommandation relative aux actifs virtuels, aucune évaluation nationale spécifique des risques associés aux cryptomonnaies n'ayant encore été réalisée.
Pour l'heure, le pays évite une inscription sur la liste grise du GAFI, contrairement à certains États de la sous-région. Toutefois, le GABAC considère que les efforts doivent se poursuivre. Libreville dispose désormais jusqu'à la session plénière de mars 2027 pour démontrer que les réformes adoptées se traduisent effectivement par des résultats opérationnels et un renforcement durable de l'efficacité du dispositif anti-blanchiment.










